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SAGA 6 : VIVA LA DOLCE VITA - 3/3 - 2026/27

Les Nouvelles Missions de Roberto - SAGA 6 
 
 
Titre 
 
" Viva la Dolce Vita "  
 
 
ÉPISODE 3 
 
 
L'épisode 3 est issu de la saga intégrale : Les Nouvelles Missions de Roberto - Saga 6 
 
 
L'épisode 3 est également issu de la série théâtrale 2026-27 qui a pour titre : « l'Odyssée fantastique» 
 
 
L'épisode 3: « Viva La Dolce Vita!»( chapitre 3) est une pièce en 1 acte /  1  partie / 1 épisode  
 
 
GENRE : COMÉDIE SURRÉALISTE  
 
 
AUTEUR : EMILIEN CASALI 
 
 
------------------------ 
 
PROLOGUE 
 
Fin février... temps gris... 
 
Un îlot sur lequel repose " l'Hôtel de la Plage " glisse lentement sur la mer glacée de l'océan Arctique qui s’approche .... 
 
Le plafond du hall d’entrée est vitré (puits de lumière), celui-ci diffuse en permanence de la lumière naturelle… 
 
L'îlot s'approche lentement de la côte du Groenland située entre l’Océan Arctique et l’Océan Atlantique Nord… 
 
 
La colombe vol à hauteur de L'îlot... 
 
 
Fernando Figlio Del Vento joue un air de musique mélodieux sur la plage avec sa trompette, celui-ci porte les cheveux longs, vêtu d'une chemise à fleurs et d'un pantalon à pattes d'éléphant... 
 
 
Dona Crina d'Alba (cheveux blonds) sort de l'hôtel en compagnie de Patzy (petite chatte rose aux grands yeux verts) qu'elle tient au bout d'une laisse, tous deux sont suivies de Kiki (petite chatte tigrée) et Maggi (petit chat noir aux pattes blanches et aux longues oreilles)... 
 
 
KIKI (petite chatte tigrée) 
C'est trop cool l'aventure en mer! 
 
MAGGI 
On va finir par le savoir, kiki ! 
 
 
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds) 
Bonjour, Monsieur Fernando ! Je suppose que vous n'avez pas vu votre neveu aujourd'hui encore? 
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO  
Toujours pas de nouvelles de Roberto, chère Madame ! 
 
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds) 
Mais où peut-il bien être ? Cela fait plus d'une semaine que je le cherche.  
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO  
Quand il a vu le temps tourné en notre défaveur, celui-ci a préféré s'enfuir de la côte bordelaise. 
 
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds) 
Si c'est le cas, il aurait pu nous prévenir. Mes petits chats et moi, on se sent abandonnés. 
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO  
Vous le connaissez aussi bien que moi, il est capable de partir sur un coup de tête sans laisser d'adresse. 
 
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds) 
Cela m'étonnerait qu'il laisse tomber ses amis en chemin. Non seulement Roberto a passé l'âge de l'insouciance, mais encore il est très fidèle en amitié comme en amour. Je regrette, monsieur Fernando, mais ce n'est pas dans ses habitudes. 
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO  
Il était comme ça autrefois. 
 
 
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds) 
Autrefois, c'est autrefois. Les temps changent, voyez-vous.  
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO 
En ce temps-là, il vivait comme un oiseau sur la branche et il logeait dans une caravane en bordure de vigne. Quand je me rendais dans le Sud de la France, il n'était pas rare que j'aille lui rendre visite. Je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. Je m'en souviens comme si c'était hier.  
 
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds) 
Cet épisode remonte à quand exactement ?  
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO 
A la fin du siècle dernier !  
 
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds) 
Il faut vous mettre à la page, Monsieur Fernando. Plus d'un quart de siècle est passé depuis. Roberto a beaucoup changé entre-temps. Il ne mène plus la vie de bohème. 
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO 
Je suis persuadé qu'il a conservé en lui sa fibre aventurière.  
 
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds) 
De nos jours, lorsqu'il part à l'aventure, c'est dans le but de mener des missions. En dehors de cela, Roberto est très casanier et passe le plus clair de son temps à écrire ses nouveaux mémoires.  
 
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO 
Ne l'ayant pas revu depuis le siècle dernier, j'ignorais tout cela. Dans ma mémoire, je conserve toujours de lui l'image d'un jeune homme insouciant vivant en dehors du cadre des institutions de la société.  
 
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds) 
Croyez-moi, Monsieur Fernando, votre neveu a beaucoup changé depuis.  
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO 
Mais alors, si j'en crois vos propos, il ne doit pas être bien loin. 
 
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds)  
C'est justement la question que je me posais. À mon avis, il se trouve toujours parmi nous, mais il a décidé de se cacher. Pour quelle raison, je l'ignore ?! 
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO  
L'espoir fait vivre ! 
 
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds)  
Ce n'est pas la première fois qu'il disparaît pour une durée indéterminée. L'an passé déjà, alors que notre équipe menait une mission top secret dans le restaurant de la tour de l'horloge de Giurgiu, ce dernier profita d'une petite Accalmie pour se rendre aux toilettes. Et sans savoir pourquoi, Roberto disparu des lieux pendant 24 heures pour ressurgir une fois la mission accomplie. Étonnant, ne trouvez-vous pas ? 
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO  
Autrement dit, Roberto se dégonfle à chaque fois qu'il est amené à devoir franchir un nouvel obstacle. 
 
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds)  
Ce n'est pas exactement ce que je voulais dire. 
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO  
Ce n'est pas ce que je pense moi non plus. À mon avis, il se trouvait dans les parages comme aujourd'hui. 
 
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds) 
Il agirait en toute discrétion. 
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO  
Quand il était petit, il aimait bien se cacher un peu partout dans la maison de ses parents, et tandis que j'épluchais des pommes de terre pour faire des frites, ce petit cachotier faisait cuire l'huile dans la friteuse. Ce jour-là, personne ne se rendit compte de rien. 
 
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds) 
Ce qui veut dire qu'il est avec nous au moment où nous parlons. 
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO  
Mon neveu à la capacité de se rendre invisible aux yeux de tous. C'est un adepte des déguisements.  
 
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds) 
Je vois. Eh bien, s'il veut jouer à ce petit jeu, il va me trouver sur son chemin. 
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO  
Que comptez-vous faire, Dona Crina d'Alba ? 
 
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds) 
Je compte lui faire une surprise ! Motus et bouche cousue! C'est entre nous, n'est-ce pas ? 
 
Soudain, on entend un coup de feu qui provient du hall d'entrée de l'hôtel de la Plage.... 
 
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds) 
Ce coup de feu semble venir du hall d'entrée. Je vais voir ce qui se passe. Je vous laisse la garde des chats, monsieur Fernando! À plus tard...  
 
Soudain, Dona Crina d’Alba (cheveux blonds) prend l’apparence de Madame Maria (cheveux noirs) comme par l’effet d’une baguette magique, puis elle quitte les lieux… 
 
FIN DU PROLOGUE  
 
 
---------------- 
 
 
ACTE 1 - SCENE 1 
 
Au même instant, de la neige tombe du ciel… 
 
En l’espace de quelques secondes, la plage est recouverte d’un blanc manteau…  
 
L’îlot sur lequel repose " l'Hôtel de la Plage " longe à présent la côte du Groenland d’où l’on aperçoit de grandes falaises…  
 
La colombe vol toujours à hauteur de L'îlot... 
 
Fernando Figlio Del Vento continue de jouer un air de musique mélodieux sur la plage avec sa trompette... 
 
Patzy (petite chatte rose aux grands yeux verts), Kiki (petite chatte tigrée) et Maggi (petit chat noir aux pattes blanches et aux longues oreilles) jouent dans la neige... 
 
La neige continue de tomber… 
 
Lady Shirley (vêtue d'une robe rose et portant des cheveux blonds) surgit sur la plage en tirant le vélo d'appartement sur lequel se tient Ringo de la Sierra à l'aide d'un lasso... 
 
Au loin, on peut aperçoit un ours polaire qui nage en direction de la plage…  
 
RINGO DE LA SIERRA 
Où sommes-nous, Señorita ? 
 
LADY SHIRLEY  
Je ne sais pas où nous sommes, mais une chose est sûre, le temps est glacial par ici.  
 
RINGO DE LA SIERRA 
A Caracas, les températures sont plus élevées qu’ici. Je propose que nous retournions là-bas, Señorita.  
 
LADY SHIRLEY  
N’essaie pas de m’entourlouper, mon Chouchou. Avec moi, ça ne marche pas. 
 
RINGO DE LA SIERRA 
En cette période de l’année, le temps est beaucoup plus ensoleillés à Caracas. On peut faire du sport sur la plage, de la plongée sous-marine, boire des cocktails à l’ombre des palmiers… 
 
LADY SHIRLEY  
Si je t’ai enlevé là-bas l’autre jour, ce n’est certainement pas pour y retourner. Maintenant que tu m’appartiens, tu devras tirer un trait définitif sur ton passé et tu feras exactement tout ce que je te dirais. Une fausse note de ta part et je te flingue ! Tu m’as bien compris ? 
 
RINGO DE LA SIERRA 
Si, si, Señorita !  
 
L’ours polaire s’approche de la plage en nageant…  
 
LADY SHIRLEY  
Et si on faisait une bataille de boule de neige ? Qu’en dis-tu, mon Chouchou ? 
 
RINGO DE LA SIERRA 
Je préfèrerais rentrer à l’hôtel, Señorita. 
 
LADY SHIRLEY  
Tu n’es pas bien avec moi ? 
 
RINGO DE LA SIERRA 
C’est que le petit déjeuner nous attend !  
 
LADY SHIRLEY  
Tu attendras la fin de la partie. 
 
L’ours polaire s’approche de la plage en nageant et en hurlant…  
 
Patzy, Kiki et Maggi se déplacent jusqu’à hauteur du duo composé de Lady Shirley et de Ringo del la Sierra... 
 
Akiak (La petite princesse Inuit) surgit en haut d’une falaise en tenant une lance dans une main et observe la scène… 
 
RINGO DE LA SIERRA 
J’ai cru voir un ours blanc, Señorita !?  
 
LADY SHIRLEY  
Voilà que mon Chouchou a la berlue à présent !  
 
RINGO DE LA SIERRA 
Je te jure que c’est la vérité, Señorita ! Regarde, il vient dans notre direction. 
 
LADY SHIRLEY  
Ça tombe bien puisque je cherchais une cible à abattre ! 
 
RINGO DE LA SIERRA 
Vous ne comptez pas lui faire de mal, Señorita ? 
 
LADY SHIRLEY  
C’est une cible idéal ! Allez, c’est moi qui commence ! 
 
Lady Shirley balance des boules de neige en direction de l’ours blanc qui essaie de les éviter… 
 
Ringo de la Sierra qui est attaché au lasso observe la scène sans dire un mot…  
 
Lady Shirley bombarde l’ours blanc avec des boules de neige, lequel ours finit par dévier sa trajectoire… 
 
Un nuage de fumée rose envahit les lieux… 
 
FIN DE LA SCENE 1 
 
 
---------------- 
 
 
ACTE 1 - SCENE 2 
 
Pendant ce temps-là... 
 
La scène se déroule dans une chambre de l'Hôtel de la Plage d’où se tient à la fenêtre la dame inconnue (le livre d'or dans ses mains)... 
 
Martisoara (cheveux roux tressés) pénètre dans la chambre avec un plateau sur lequel repose une tasse de café... 
 
MARTISOARA  
Votre café, Madame ! 
 
LA DAME INCONNUE  
C'est très gentil à vous d'y avoir pensé, Martisoara. 
 
MARTISOARA  
Nous longeons actuellement la côte du Groenland. 
 
LA DAME INCONNUE  
Je suis au courant. 
 
MARTISOARA  
Votre Altesse a besoin d'autre chose ? 
 
LA DAME INCONNUE  
Ce sera tout, merci. 
 
MARTISOARA  
Vous ne me demandez pas de nouvelles de Monsieur Le Comte ? 
 
 
LA DAME INCONNUE  
Ces jours-ci Je pense à autre chose. 
 
MARTISOARA  
Permettez-moi tout de même de vous dire qu’il n’est pas sur la même longueur d'onde que vous. 
 
LA DAME INCONNUE  
Pour ma part, je suis surtout très inquiète quant à la situation dans laquelle nous nous trouvons actuellement. Au cas où vous l'auriez oubliée, ma chère, je vous rappelle que les membres de notre Club et moi-même sommes piégés depuis un mois sur cet îlot qui nous a entraîné du Golfe de Gascogne jusqu'à l'océan Arctique sans que nous ayons pu lever le petit doigt, et tout cela dans le but de mener une mission périlleuse sans en connaître les tenants et les aboutissants. En bref, nous sommes comme qui dirait les otages d’un satellite qui, à l'heure qu'il est, doit certainement épier nos moindres faits et gestes. 
 
MARTISOARA  
En effet, le satellite Little Brother ne nous a pas fait de cadeau depuis le premier où il a réapparu dans notre vie. 
 
LA DAME INCONNUE  
Il nous prive surtout de liberté. J'espère que nous trouverons une issue dans les prochaines heures. Je ne me vois pas finir en statue de glace au Groenland. 
 
MARTISOARA 
Le plus surprenant dans l’histoire, c'est que cette situation dans laquelle nous nous trouvons n’inquiète nullement certains clients de l'hôtel de la Plage dont fait partie Monsieur le Comte. Jusqu'à présent, aucun d'eux ne s'en est plein. Je trouve cela plutôt curieux !? 
 
 
LA DAME INCONNUE 
À propos, comment va le Comte de la Bouche-En-Biais ? 
 
MARTISOARA 
Il ne s'est aperçu de rien jusqu'à présent. Disons qu'il a la tête ailleurs. C'est qu'il n'est plus le même depuis votre séparation. Monsieur mène la Dolce Vita sans se soucier des dangers qui l'entourent.  
 
LA DAME INCONNUE 
Que voulez-vous dire par là, qu'il n'est pas affecté par notre séparation ? 
 
MARTISOARA 
Il faut croire que non.  
 
LA DAME INCONNUE 
Vous me cachez quelque chose ?! 
 
MARTISOARA 
Un clou chasse l'autre ! Je m’explique. Lorsque nous étions dans le golfe de Gascogne, plus précisément en terre bordelaise, Monsieur Le Comte fit des retrouvailles avec une cliente de l'Hôtel. Et depuis, il ne cesse de lui courir après au risque d'y perdre sa tête!  
 
LA DAME INCONNUE 
Je ne pensais pas qu'il irait aussi loin dans la provocation. 
 
MARTISOARA 
Vous étiez donc au courant. Mais alors, vous savez qui est l’heureuse élue ? 
 
LA DAME INCONNUE 
La dernière fois que je me suis entretenue avec le Comte, ce dernier semblait très intéressé par Lady Shirley.  
 
MARTISOARA 
A vrai dire, je doute de la sincérité de cette femme. Elle nous avait déjà donnés pas mal de fil à retordre l'été dernier.  
 
LA DAME INCONNUE 
Cet homme persiste et signe dans sa bêtise. 
 
MARTISOARA 
Votre Altesse n'est pas prête de le récupérer dans son état normal. 
 
LA DAME INCONNUE 
Ma rivale ne perd rien pour attendre.  
 
MARTISOARA 
Si Lady Shirley se trouve dans cet hôtel, ce n’est pas anodin.  
 
LA DAME INCONNUE 
Je me demande si elle n’est pas directement liée à toute cette affaire ?! 
 
MARTISOARA 
Il est nécessaire d'agir rapidement pour éviter des dommages excessifs. 
 
LA DAME INCONNUE 
Mon petit doigt me dit que nous n’allons pas tarder à démêler cette intrigue. 
 
Un nuage de fumée rose envahit les lieux… 
 
FIN DE LA SCENE 2 
 
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ACTE 1 – SCENE 3 
 
Quelques instants plus tard…  
 
La Scène se déroule dans le hall d'entrée de l'hôtel de la Plage reposant sur un îlot qui longe lentement les côtes du Groenland... 
 
Monsieur Vlad déguste une coupe de Champinelle à l'accueil... 
 
Fernando Figlio Del Vento joue un air de musique mélodieux sur la plage avec sa trompette... 
 
Lady Shirley (vêtue d'une robe rose et portant des cheveux blonds) entre dans le hall en tirant le vélo d'appartement sur lequel se tient Ringo de la Sierra à l'aide d'un lasso, lequel Ringo tient un gros cigare au bout de ses lèvres... 
 
LADY SHIRLEY  
Tu as intérêt de te tenir sagement à ta place jusqu'à notre destination finale, mon Chouchou, sinon je te mets au régime de pain sec. Tu entends ce que je te dis ? 
 
RINGO DE LA SIERRA 
Si, si, Seniorita. 
 
LADY SHIRLEY  
Cesse de faire le malin avec moi, Ringo ! Et puis, fais-moi le plaisir de ranger ce cigare dans ta poche !  
 
MONSIEUR VLAD  
Lady Shirley a passé une excellente matinée ? 
 
 
LADY SHIRLEY  
Mon chouchou et moi, nous nous sommes promenés sur la plage toute la matinée. Au passage, nous avons fait une bataille de boules de neige. Nous avions pour cible un ours polaire qui tentait d’atteindre notre plage à la nage. Plus nous le repoussions et plus il nous tenait tête. Au bout d’un moment, ses forces s’amoindrirent. A ce petit jeu, notre concurrent a fini par se noyer. Et devinez qui l’a emportée de nous deux ? 
 
RINGO DE LA SIERRA  
C'est moi! 
 
LADY SHIRLEY  
Ne dis pas des bêtises, Chouchou ! Tu sais bien que c'est moi qui ai remporté la bataille ! 
 
RINGO DE LA SIERRA  
Non, c'est moi ! Et même que j'ai eu droit à ce cigare comme récompense. C’est Miss Ursula à qui j’ai raconté mon exploit qui me l’a gentiment offert.  
 
LADY SHIRLEY  
Lady Shirley a omis de te dire que ce cigare appartenait à Mademoiselle Marguerite. À cause de toi, je vais avoir des ennuis. En arrivant à l’hôtel, je t'avais pourtant demandé de rester tranquille. Comme toujours, tu n'en fais qu'à ta tête ! 
 
RINGO DE LA SIERRA  
Pour l'instant, il n'est pas allumé. Je me contente juste de le savourer.  
 
LADY SHIRLEY  
Je te le déconseille. 
 
Soudain, Martisoara (cheveux roux tressés) surgit avec un plateau sur lequel repose une bouteille de Champinelle et des coupes de vin… 
 
MARTISOARA  
Messieurs Dames, c’est l’heure de l’apéritif !  
 
LADY SHIRLEY  
Par ici, ma belle ! Je meurs de soif ! 
 
MARTISOARA  
Comment allez-vous, ma petite dame ?  
 
LADY SHIRLEY  
Je viens de livrer un combat titanesque contre un ours à l’occasion d’une bataille de boules de neige que j’ai remportée haut-la-main.  
 
MARTISOARA  
Raison de plus pour célébrer cette victoire ! A votre santé, Lady Shirley !  
 
LADY SHIRLEY  
Toutefois, je reste sur ma faim. Dans cette lutte qui m’opposait à cet ours, je n’ai pas pensé lui arracher la peau pour en faire un trophée que j’aurais pu exhiber à l’occasion devant mes enfants.  
 
LE COMTE, entre dans le hall 
Puis-je vous parler, Lady Shirley ? C’est au sujet d’un projet d’avenir que j’aimerais vous confier. 
 
LADY SHIRLEY 
Je suis occupée, Monsieur le Comte. On se verra plus tard si vous le voulez bien.  
 
LE COMTE 
C’est la troisième fois que vous remettez notre discussion à plus tard. Je commence à m’impatienter.  
 
LADY SHIRLEY 
Vous ne choisissez jamais le bon moment, mon ami.  
 
LE COMTE 
Avec vous ce n’est jamais le bon moment. 
 
LADY SHIRLEY 
Je dois fêter une victoire avec mon Chouchou adorée. Vous voulez bien aller voir ailleurs si j’y suis. 
 
LE COMTE 
Votre Chouchou retient beaucoup trop votre attention. J’estime qu’il serait temps de lui lâcher du lest pour vous consacrer un peu plus à moi.  
 
LADY SHIRLEY  
Après tout le mal que je me suis donnée pour le capturer, ne croyez pas que je vais m’en séparer aussi facilement.  
 
LE COMTE 
Vous pourriez en faire cadeau à une célibataire qui rêve de passer des vacances ensoleillés sur une plage du Venezuela.  
 
LADY SHIRLEY  
Il est à moi et rien qu’à moi. Jamais je ne m’en séparerai.  
 
LE COMTE 
Quand je vous écoute, j’ai l’impression ne pas représenter grand-chose à vos yeux. 
 
LADY SHIRLEY  
Ne soyez pas idiot ! Vous représentez à mes yeux bien plus que vous ne croyez.  
 
LE COMTE 
Vous dites cela pour me faire plaisir.  
 
LADY SHIRLEY  
Je le pense vraiment. Seulement, il m’est difficile de mettre fin à ma relation avec Chouchou du jour au lendemain. J’aurai l’impression de l’abandonner. Donnez-moi encore un peu de temps et je vous promets que je vous appartiendrai pour l’éternité.  
 
LE COMTE 
Comme il plaira à Madame.  
 
LADY SHIRLEY  
Voilà qui est plus sage ! 
 
LE COMTE 
Je vous préviens, si jamais vous commettez la moindre erreur, vous le regret-terez jusqu’à la fin de vos jours.  
 
LADY SHIRLEY  
Depuis que je vous fréquente, je n’ai jamais pris vos menaces au sérieux. 
 
LE COMTE 
Retenez tout de même ceci, ma chère : les prétendantes ne manquent pas sur cette île d’amour. A la moindre faille de votre part, elles en profiteront pour se jeter à mon cou. 
 
LADY SHIRLEY  
Vous m’excuserez, mon cher, mais je dois aller faire couler un bain à mon Chouchou. 
 
Lady Shirley sort en entrainant Ringo de la Sierra avec son lasso… 
 
Le Lieutenant Poponetz entre… 
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Dites-moi, Monsieur le Comte, savez-vous d’où provenaient les coups de feu que l’on vient d’entendre ?  
 
LE COMTE 
Je n’en ai aucune idée, Lieutenant Poponetz. 
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Je viens de trouver deux balles dans le couloir. Il se peut qu’elles appartiennent à une personne dont l’identité vous est connue.  
 
LE COMTE 
Ne comptez pas sur moi pour faire de la dénonciation. A ce petit jeu, je ne marche pas. 
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Ces derniers jours, je vous ai surpris fleurtant avec plusieurs clientes de l’hôtel, notamment Lady Shirley. 
 
LE COMTE 
Vous m’espionnez à présent ? 
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Je cherche à vous protéger contre des ennemis de l’intérieur, Majesté. 
 
LE COMTE 
Sur cet île, il n’y a point d’ennemis, nous sommes tous frères et sœurs. Vous voulez bien m’excusez, Lieutenant, mais j’aimerais faire quelques pas sur le sable. J’ai besoin de dégourdir mon âme assoiffée de lumière. Viva la Dolce Vita !  
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Vous devez prendre soin de vous, Majesté. Les temps sont durs et les rapports entre les hommes deviennent difficiles.  
 
LE COMTE, lit un poème à voix haute 
« Douce plage où naquit mon âme ; 
Et toi, savane en fleurs 
Que l'Océan trempe de pleurs 
Et le soleil de flamme ; 
Douce aux ramiers, douce aux amants, 
Toi de qui la ramure 
Nous charmait d'ombre, et de murmure, 
Et de roucoulements ; 
Où j'écoute frémir encore 
Un aveu tendre et fier - 
Tandis qu'au loin riait la mer 
Sur le corail sonore. » 
Paul-Jean Toulet (Douce plage où naquit mon âme)  
 
Le Comte sort de l’hôtel… 
 
FIN DE LA SCENE 3 
 
 
--------------- 
 
 
ACTE 1 – SCENE 4 
 
Madame Maria (cheveux noirs) entre dans le hall… 
 
MADAME MARIA 
Bonjour, Lieutenant Poponetz ! Comment allez-vous ?  
 
LIEUTENANT POPONETZ 
Quelle surprise ! Que faites-vous sur cette île, Madame Maria ?  
 
MADAME MARIA 
Je fais comme le Comte de la Bouche-en-Biais, je mène la Dolce Vita ! 
 
LIEUTENANT POPONETZ 
Et moi qui pensais que vous étiez restée à Craiova.  
 
MADAME MARIA 
J’ai décidé à la dernière minute de rejoindre les membres du Club de la Reine afin d’accomplir cette mission à leurs côtés. Moi aussi, je souhaite me rendre indispensable. 
 
LIEUTENANT POPONETZ 
C’est tout à votre honneur !  
 
MADAME MARIA 
J’ai choisi mon camp et j’en suis fière ! 
 
LIEUTENANT POPONETZ 
C’est curieux, je ne vous ai pas vue l’autre jour à bord de la goélette qui nous a conduit de la Mer Noire jusqu’au Golfe de Gascogne.  
 
 
MADAME MARIA 
Peu après votre départ, je me suis rendue jusqu’à la côte bordelaise en autocar. Une fois arrivée à l’hôtel de la Plage, j’appris que Little Brother vous avait tendu un traquenard. Est-ce exact ? 
 
LIEUTENANT POPONETZ 
Vous voulez dire un drôle de traquenard ! Comme vous avez pu vous en apercevoir, d’étranges phénomènes se sont produits depuis le début de notre mission, à commencer par un tremblement de terre, suivi d’un glissement de terrain qui emporta l’hôtel dans la mer. Actuellement, le morceau de terre sur lequel nous nous trouvons se déplace dans l’Océan Arctique à quelques lieues seulement de la côte du Groenland.  
 
MADAME MARIA 
Autrement dit, nous ne sommes pas sorties d’affaires.  
 
LIEUTENANT POPONETZ 
C’est le moins qu’on puisse dire. C’est pourquoi je vous conseille de rester prudente au cours des prochaines heures. Nous ne sommes pas à l’abri d’un drame.  
 
MADAME MARIA 
Vous pensez que notre vie est en danger ?  
 
LIEUTENANT POPONETZ 
Tout laisse à penser que cette mission ne sera pas de tout repos.  
 
MADAME MARIA 
Qu’est-ce qui vous fait dire cela, Lieutenant Poponetz ? 
 
LIEUTENANT POPONETZ 
J’ai entendu retentir des coups de feu ce matin. 
MADAME MARIA 
Moi aussi. Ils venaient du hall d'entrée. 
 
LIEUTENANT POPONETZ 
Les miens venaient du couloir.  
 
Soudain, Mademoiselle Marguerite surgit les bras levés dans le hall d’entrée, poursuivie par Miss Ursula qui tire en l'air à plusieurs reprises avec un pistolet... 
 
MISS URSULA  
Tu ne t'en sortiras pas comme ça, Marguerite. Retourne dans ta chambre immédiatement ! 
 
MONSIEUR VLAD  
Un problème, Madame Ursula? 
 
MISS URSULA  
Ce matin, Mademoiselle Marguerite a profité de mon absence pour s'évader de la chambre qui l'a retenait prisonnière. J'ai mis plus de deux heures pour la retrouver. Figurez-vous qu’elle s'était réfugiée dans la chambre du Comte de la Bouche-En-Biais.  
 
MADEMOISELLE MARGUERITE  
Je me suis rendue dans toutes les chambres de l’hôtel pour retrouver le cigare qu'on m'a volé et le hasard a voulu que la porte du Comte s'ouvre à ce moment-là. Celui-ci m'invita ensuite à déguster une coupe de Champinelle en sa compagnie, ce que j’accepta bien volontiers. J’étais très angoissée et Sa Majesté m’a remonté le moral. 
 
MISS URSULA  
Sa Majesté est tombée sous le charme de la belle, ce qui n’était pas prévu au programme. 
 
MADEMOISELLE MARGUERITE  
Le cœur a ses raisons que la raison ne connait point ! 
 
MONSIEUR VLAD  
Mademoiselle Marguerite a fini par retrouver son cigare ? 
 
MADEMOISELLE MARGUERITE  
Toujours pas. J'ignore qui me l'a dérobé, mais si je l'attrape, je jure qu'il va passer un mauvais quart d'heure. 
 
MISS URSULA  
Pour l'instant, c'est toi qui va passer un mauvais quart d'heure. Tu vas retourner dans ta chambre et te conformer à mes règles.  
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Vous permettez que je m’en mêle ? 
 
MISS URSULA 
Je ne crois pas vous connaitre, cher Monsieur ?  
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Permettez-moi de me présenter, je suis le Lieutenant Poponetz. Je dormais gentiment dans ma chambre quand soudain j’entendis retentir des coups de feu.  
 
MISS URSULA 
Alors, vous vous êtes inquiété, ce qui est logique en pareille circonstance. Vous vous êtes dit : « Mais que se passe-t-il ? D’où proviennent ces coups de feu ? Quelqu’un aurait-il commis un meurtre dans l’hôtel ? De qui peut-il bien s’agir ? » Et comme vous êtes policier de profession, vous vous êtes aussitôt porté volontaire pour mener une enquête.  
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Bravo ! C’est ce qui s’appelle « faire un sans-faute » en criminologie, ce qui vous vaut la note de 20 sur 20 ! A qui ai-je l’honneur ? 
 
MISS URSULA 
Miss Ursula ! Un conseil, ne vous approchez pas trop près de moi, car je suis comme la hyènes qui n’a qu’une seule envie lorsqu’elle est affamée, c’est de dévorer tous ceux qui se présentent devant elle.  
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Je suppose que le pistolet que vous tenez en main vous appartient ? 
 
MISS URSULA 
Il fait souvent mon bonheur lorsque j’ai envie de me débarrasser d’une concurrente.  
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Vous allez gentiment me le donner et tout se passera bien ensuite. 
 
MISS URSULA 
Le problème est qu’il est pointé sur vous et que si j’appuie sur la gâchette, je transforme aussitôt votre cervelle en compote.  
 
Soudain, Robertino entre dans le hall avec une canne dans une main et une étoile en or qu’il fait rebondir dans l’autre main ; celui-ci porte une longue chevelure frisée noire, une veste verte, un pantalon blanc, une paire de chaussures rouges et un masque arc-en-ciel sur le visage... 
 
En l’espace d’un éclair de temps, Robertino lance l’Etoile dans la direction direction de Miss Ursula qui éclate devant ses pieds, ce qui a pour effet de la faire disparaitre comme par magie…  
 
FIN DE LA SCENE 4 
 
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ACTE 1 - SCENE 5 
 
ROBERTINO 
Et hop ! Une bonne claque aux mauvaises odeurs !  
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Monsieur, je vous suis reconnaissant pour m’avoir sauver la vie.  
 
ROBERTINO 
Enchanté de faire votre connaissance, Lieutenant Poponetz ! On m’a beaucoup parler de vous dans le voisinage. 
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Puis-je connaitre le nom du mystérieux héros masqué qui vient de me sauver la vie ? 
 
MADEMOISELLE MARGUERITE 
J’ai l’impression de l’avoir déjà vu quelque part !?  
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Ce n’est pas à vous que je pose la question, Mademoiselle Marguerite. 
 
MADEMOISELLE MARGUERITE 
J’ai tout de même le droit de m’exprimer. 
 
MADAME MARIA 
Vous feriez mieux de la mettre en veilleuse, ma belle. Je vous rappelle que le lieutenant Poponetz a failli se prendre une balle dans la cervelle à cause de vous.  
 
Soudain, Ringo Del la Sierra entre dans le hall avec son vélo d’appartement en tenant un cigare dans une main ; celui-ci fait plusieurs tours dans le hall… 
RINGO DEL LA SIERRA 
« Madre, la mi madre, 
Guardas me ponéis ; 
Que si yo no me guardo, 
No me guardaréis. 
Dicen que está escrito, 
Y con gran razón, 
Ser la privación 
Causa de apetito ; 
Crece en infinito 
Encerrado amor. 
Por eso es mejor 
Que no me encerréis ; 
Que si yo me guardo 
No me guardaréis. » 
Miguel de Cervantes Saavedra(1547 - 1616) 
 
MADAME MARIA 
J’ai déjà vu ce type quelque part !?  
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Il s’agit du prisonnier de Lady Shirley. Depuis ce matin, elle le traine derrière elle comme un petit toutou. Quelque chose ne tourne pas rond chez eux !? 
 
Ringo Del la Sierra quitte les lieux sur son vélo d’appartement avec son cigare dans une main… 
 
MADEMOISELLE MARGUERITE 
Enfin, il a retrouvé sa liberté !  
 
ROBERTINO 
Je ne suis pas aussi sûr que vous, Mademoiselle Marguerite. Je pense plutôt qu’il s’agit d’une liberté provisoire.  
 
MADEMOISELLE MARGUERITE 
Qu’est-ce qui vous fait dire cela ?  
 
ROBERTINO 
On ne s'échappe pas d'une île aussi facilement. Et puis, Lady Shirley en a trop besoin. Son Chouchou représente une monnaie d’échange pour elle.  
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Monsieur semble en savoir beaucoup plus que moi. 
 
ROBERTINO 
Je ne ferais pas mystère de mon nom plus longtemps. Je me présente : Robertino pour les intimes. Pour en revenir à ce pauvre Chouchou, il se trouve que j’ai fait une petite enquête de mon côté. C’est ainsi que j’appris qu’il s’agissait en vérité de Ringo Del la Sierra Président Directeur General de Caracas. J’appris aussi que ce dernier s’était fait enlevé en janvier dernier et que Lady Shirlez n’est autre que sa ravisseuse.  
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Je crois que nous allons faire du très bon boulot ensemble, Robertino.  
 
ROBERTINO 
A votre service, mon Lieutenant !  
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Et si nous parlions davantage de vous, mon cher Robertino. Je ne me souviens pas vous avoir croisé une seule fois dans les couloirs de cet hôtel. Vous êtes dans l’île depuis combien de temps ?  
ROBERTINO 
J’y suis depuis un certain moment. J’ai pour habitude d’opérer discrètement sur un terrain déjà occupé par un officier de police, mais en aucun cas je n’empiète sur son enquête. Et d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un éminent lieutenant de po-lice reconnue dans tout le Royaume de Roumanywood pour avoir résolu de grandes affaires au sein du célèbre Club de la Reine. Toujours est-il que vous voilà débarrassé, mon Lieutenant, d’un élément gênant quant à la bonne marche à suivre de votre enquête. Depuis quelques jours, Ursula commençait à poser de sérieux problèmes à la clientèle.  
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
J’ai de bonnes raisons de croire qu’elle s’apprêtait à commettre une tuerie de masse.  
 
ROBERTINO 
Cela faisait plusieurs jours que j’étais sur ses talons. J’attendais le moment propice pour pouvoir la neutraliser.  
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
C’est plutôt réussi de votre part ! D’ailleurs, à ce propos, il faudra que vous m’expliquiez comment vous vous y êtes pris pour faire disparaitre la hyène ? C’est arrivé si vite tout à l’heure que je n’y ai vu que du feu !  
 
ROBERTINO 
Je m’excuse, mais un magicien n'a pas vocation à révéler ses secrets. 
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Vous ne voulez vraiment pas m’apprendre un petit tour ? 
 
ROBERTINO 
Je préfèrerais aborder un sujet plus sérieux qui nous concerne directement. En effet, il n’est pas impossible que d’autres clients vous créent des problèmes au cours des prochaines heures.  
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
C’est justement ce que je disais à Madame Maria qui vient tout juste de se joindre à notre équipe d’intervention.  
 
ROBERTINO 
Plus on est de fou et plus on s’amuse. Mes hommages, Madame Maria !  
 
MADAME MARIA 
A votre place, je ne prendrais pas cette mission à la légère, Monsieur Roberti-no.  
 
ROBERTINO 
Je disais cela sur le ton de la plaisanterie.  
 
MADAME MARIA 
C’est bizarre, vous employez le même vocabulaire que mon compagnon dont j’ai perdu la trace.  
 
ROBERTINO 
En cherchant bien, vous finirez par le retrouver.  
 
MADAME MARIA 
Son petit jeu ne me plait guère.  
 
Soudain, Mademoiselle Anastasia (femme parachutiste) vêtue d’une longue robe rose tombe du ciel et traverse le plafond du hall d’entrée en l’éclatant… 
 
FIN DE LA SCENE 5 
 
 
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ACTE 1 - SCENE 6 
 
Robertino se retire discrètement…  
 
 
MONSIEUR VLAD 
Vous permettez, Mademoiselle Anastasia, que je vous aide à vous relever. 
 
Monsieur Vlad accourt au-devant de Mademoiselle Anastasia pour l'aider à se relever... 
 
MADEMOISELLE ANASTASIA 
Vous savez qui je suis ? 
 
MONSIEUR VLAD 
J’ai reconnu votre longue chevelure blonde à la minute même où vous avez atterri sur le sol avec votre parachute. Si ma mémoire est bonne, vous aviez participé au Grand prix de l'Elégance l'été dernier à Giurgiu dans le restaurant de la Tour de l’Horloge pour être très précis.  
 
MADEMOISELLE ANASTASIA 
J’en garde un souvenir mitigé. Le jour du Grand prix, j'étais opposée à deux redoutables concurrentes qui ne m’ont fait aucun cadeau.  
 
MONSIEUR VLAD 
Trois femmes très ambitieuses.  
 
MADEMOISELLE ANASTASIA 
Mon parachute a atterri à quel endroit exactement? 
 
MONSIEUR VLAD 
Soyez la bienvenue au Groenland !  
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Je n’ai pas rêvé, c’est bien vous, Mademoiselle Anastasia ! 
 
MADEMOISELLE ANASTASIA 
Je vois que le Lieutenant Poponetz m'a conservé dans sa mémoire.  
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
C'est que vous avez fait forte impression auprès des spectateurs l’été dernier. Votre jeu d’actrice m’a beaucoup plus. 
 
MADEMOISELLE ANASTASIA 
Je suis très heureuse de l’apprendre.  
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Maintenant que les retrouvailles ont été faites, vous allez pouvoir répondre à mes questions. Pour commencer, puis-je savoir ce qui vous amène parmi nous ? Tachez de ne pas mentir !  
 
MONSIEUR VLAD 
Ne la brusquez pas trop, Lieutenant, elle encore sous le choc !  
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Je vous prie de bien vouloir retourner à votre poste, Monsieur Vlad.  
 
MADAME MARIA 
Vous n’avez plus besoin de moi, Lieutenant ? 
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Je me passerai de vos services pour l’instant, Madame Maria.  
 
 
 
MADAME MARIA 
Dans ce cas, je me retire. Si vous avez des nouvelles de Roberto, n’hésitez pas à me le faire savoir !  
 
Madame Maria sort… 
 
MADEMOISELLE MARGUERITE 
Puis-je me retirer également, Lieutenant ?  
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Pas encore, Mademoiselle Marguerite.  
 
MADEMOISELLE MARGUERITE 
J’ai passé une matinée très difficile et j’aimerais pouvoir me reposer.  
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Vous vous retirerez seulement quand je vous en donnerez l’ordre. Poursuivons cet interrogatoire, Mademoiselle Anastasia. Répondez à ma question !  
 
MADEMOISELLE MARGUERITE 
A vrai dire, je l’ignore !?  
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Je m’attendais à plus de perspicacité de votre part.  
 
MADEMOISELLE MARGUERITE 
Je regrette, mais je n’ai pas les idées claires.  
 
LE LIEUTENANT POPONETZ, frappe dans ses mains 
Qu’on lui apporte une coupe de Champinelle !  
 
Martisoara (cheveux roux tressés) surgit avec un plateau sur lequel repose plu-sieurs coupes de vin… 
 
MARTISOARA  
Voilà, voilà, j’arrive !  
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Un petit remontant vous remettra les idées en place, Mademoiselle Margue-rite !  
 
Martisoara sert une coupe de Champinelle à tout le monde… 
 
Mademoiselle Marguerite se retire discrètement…  
 
MARTISOARA  
Dites-moi, Lieutenant, vous n’auriez pas vu Sylvestre par hasard ? Monsieur ne donne plus signe de vie depuis ce matin. 
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Votre mari n’est pas le seul à avoir jeté l’éponge.  
 
MARTISOARA  
Comment ça ? 
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Ces derniers temps, j’ai pu constater que plusieurs membres du Club ont aban-donné la mission qui nous a été confiée. A commencer par Dona Crina d’Alba. Puis ce fut au tour de Roberto. Et maintenant c’est au tour de Sylvestre. Quelque chose ne tourne pas rond !? 
 
 
 
MARTISOARA  
En ce qui concerne la Duchesse d’Onesti, je peux vous affirmer que celle-ci passe son temps à dormir.  
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Je n’ai plus de nouvelles non plus de Lady Mysterious.  
 
MARTISOARA 
Elle se porte à merveille. Elle passe la majeure partie de son temps à lire les Mémoires de Roberto. 
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Je vous remercie pour ces informations.  
 
MARTISOARA 
Bonne journée, Lieutenant. 
 
Martisoara sort… 
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Mademoiselle Anastasia s’est-elle remise de ses émotions ? Très bien. A pré-sent, vous allez pouvoir faire marcher votre cervelle.  
 
MADEMOISELLE MARGUERITE 
Ce dont je me souviens, c’est que je me rendais au Canada à bord d’un avion quand le drame est survenu. Il se trouve qu’une balle a traversé le réservoir de l’avion. Je n’avais d’autres choix que de sauter en parachute avant que l’avion n’explose en plein vol. C’est la seule explication que je peux vous donner. 
 
Lady Shirley surgit en larme dans le hall en tenant un tableau dans sa main sur lequel est représenté Ringo Del la Sierra sur son vélo d’appartement… 
 
LADY SHIRLEY 
Au secours ! Au secours !  
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Pourquoi pleurez-vous, Lady Shirley ? Quelque chose ne va pas ?  
 
LADY SHIRLEY 
Un grand malheur s’est produit dans ma chambre. Chouchou a disparu ! 
 
LE LIEUTENANT POPONETZ, frappe dans ses mains 
Qu’on lui apporte un petit remontant !  
 
Martisoara (cheveux roux tressés) surgit avec un plateau sur lequel repose plu-sieurs coupes de vin Martisoara et sert une coupe de Champinelle à Lady Shir-ley… 
 
LADY SHIRLEY 
Sans lui, je suis foutue ! 
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Qu’en est-ce arrivé ?  
 
LADY SHIRLEY 
A l’instant. Il a suffit que je tourne le dos cinq minutes pour qu’il disparaisse.  
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Je tiens tout de suite à vous rassurer, Ringo Del la Sierra va très bien. Il était là il y a un quart d’heure et je vous prie de croire qu’il était en grande forme. 
 
LADY SHIRLEY 
Mais alors, il n’a pas disparu ! 
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Il avait tout simplement besoin d’un peu de liberté. La vie de prisonnier com-mençait à l’étouffer. Vous savez, ce n’est pas facile d’être maintenu comme un chien au bout d’un lasso toute la journée. On finit par se révolter.  
 
LADY SHIRLEY 
Je ne comprends pas ce qui s’est passé dans sa tête !? Avec moi, il était libre. Il avait tout ce qu’il voulait. Il appréciait beaucoup le traitement que je lui fai-sais subir nuit et jour. Jamais il ne s’en plaignait. 
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Il faut croire que non puisqu’il vous a filé entre les pattes.  
 
Lady Shirley s’agenouille devant le lieutenant et s’agrippe à son pantalon… 
 
LADY SHIRLEY 
Ce n’est pas une raison pour me quitter. Je vous en supplie, Lieutenant, aidez-moi à récupérer mon Chouchou. Sans lui, ma vie est brisée !  
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
A combien sa tête est mise à prix ?  
 
LADY SHIRLEY 
Je ne comprends pas votre question ? 
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Vous savez très bien ce que je veux dire.  
 
FIN DE LA SCENE 6 

 

(c) emilien casali - Créé à l'aide de Populus.
Modifié en dernier lieu le 15.03.2026
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