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LES ETOILES SONT PLUS BELLES QUE LA NUIT -1-1

Titre : Les Nouvelles Missions de Roberto - SAGA 6 
 
« Les Etoiles sont plus belles que la nuit »  
Episode 1 
 
L’épisode 1 est issu de la série/SAGA intégrale : 
« LES NOUVELLES MISSIONS DE ROBERTO -SAGA 6 » 
 
Episode 1 est issu de la série théâtrale 2026/2027 « L'ODYSSEE FANTASTIQUE »  
 
L’épisode 1 : « Les Etoiles sont plus belles que la nuit » (Chapitre 1) est une pièce en 1 acte / 1 partie / 1 épisode 
 
GENRE : Conte fantastique 
 
 
PROLOGUE 
 
24 décembre… en début d’après-midi… par temps de neige… 
 
La scène se déroule dans l’une des chambres d’une villa de style florentin si-tuée dans le Parc « Nicolas P. Romanescu » à Craiova (județ de Dolj - Olténie)… 
 
Le parc « Nicolas P. Romanescu » (1847-1931) fut construit dans un style ro-mantique par l’architecte paysagiste français Edouard Redont et fut inauguré le 29 septembre 1903. Sa maquette a obtenu le Grand Prix de l’Exposition Uni-verselle de Paris en 1900. S’agissant du deuxième grand parc d’Europe par sa superficie, poumon vert de 90 ha avec un lac, des bars, un jardin zoologique, un amphithéâtre, un pont suspendu, un kiosque, etc.  
 
La fenêtre de la chambre de la villa est grande ouverte… 
 
La colombe vole dans les airs… 
 
Un sapin joliment décoré siège à deux pas de la fenêtre où se tient la Dame In-connue tenant le livre d’or dans ses mains... 
 
Un tableau représentant Mona Lisa (La Joconde) est accroché au mur… 
 
 
LA DAME INCONNUE, lit un poème à voix haute 
« Plus que l’été d’azur et d’ambre, 
J’ai, dans l’enfance, aimé le gel 
Du soir ténébreux de Noël 
Et le vert sapin dans la chambre. 
 
J’imaginais l’âne et le bœuf 
Attiédissant l’ombre glacée, 
Les mages, l’étoile empressée, 
L’enfant, arrondi comme l’œuf 
Du Saint-Esprit, ramier céleste, 
Et dont le mystique baiser 
S’était divinement posé 
Sur la Vierge sainte et modeste. 
 
Que de froidure ! que de vent ! 
Et le tremblement de la porte !… 
Puis, soudain, le roi Melchior apporte 
Son cadeau d’or. Le roi suivant 
Est Gaspard, — puis le troisième 
Est le roi Balthazar.  
 
Ainsi voyais-je l’enfant suprême 
Accueillir trois bons rois  
De leurs sourires qui protègent ! 
— À présent, je songe au souci 
Que m’eût causé, parmi la neige 
 
Qui brillait en mon cœur, le net 
Azur baignant les molles palmes, 
(Et nul sapin !) pendant le calme 
Et chaud Noël de Nazareth ! » 
Anna de Noailles - Mirage de Noël (1933) 
 
 
Soudain, Nostradamia (la prêtresse) jaillit du livre d’or apparaissant dans un faisceau lumineux et se tient à hauteur de la Dame Inconnue… 
 
La colombe se pose sur le rebord de la fenêtre… 
 
NOSTRADAMIA (la prêtresse), se tient à hauteur de la dame Inconnue 
Je dois absolument vous parler, Votre Altesse ! 
 
LA DAME INCONNUE  
Si c’est pour m’annoncer un mauvais présage, mieux vaut que tu fasses demi-tour, Nostradamia. 
 
NOSTRADAMIA (la prêtresse) 
Je ne partirai pas d’ici tant que vous n’ayez pris la peine d’écouter ce que j’ai à vous dire. 
 
LA DAME INCONNUE  
Sache que l’année qui s’achève fut ô combien éprouvante pour moi et les membres du Club, raison pour laquelle nous souhaiterions à présent profiter pleinement des fêtes de Noël pour retrouver un peu de calme et de sérénité dans ce monde bruillant pour ne pas dire plus. Et donc, je t’invite à repasser une autre fois. 
 
NOSTRADAMIA (la prêtresse) 
Compte tenu du danger qui va bientôt se présenter à vous, j’ai le devoir de vous mettre en garde. 
 
LA DAME INCONNUE 
Très bien. Mais alors, fais vite ! Ensuite, j’irai faire ma toilette car ce soir, une fois n’est pas de coutume, je suis attendue au château du Comte de la Bouche-En-Biais pour assister à une veillée poètique que je souhaite ne manquer sous aucun prétexte.  
 
NOSTRADAMIA (la prêtresse) 
Eh bien, voilà… Little Brother a retrouvé la trace de certains membres de votre Club et croyez bien qu’il ne leur veut pas du bien.  
 
LA DAME INCONNUE 
Je ne connais pas ce personnage !? Qui est-il ?  
 
NOSTRADAMIA (la prêtresse) 
Little Brother est un satellite conçu pour épier vos moindres faits et gestes sur terre comme au ciel. Son rôle consiste surtout à traquer les hommes libres qui font le choix de ne plus dépendre du miroir aux cacahouètes dont les règles établies par la Société Enterprise Tushling ont pour but de puiser l’énergie humaine pour faire fonctionner la broyeuse infernale 24 heures sur 24 et sept jours sur sept.  
 
LA DAME INCONNUE 
Je ne vois pas en quoi cela me concerne ? 
 
NOSTRADAMIA (la prêtresse), se tient à hauteur de la dame Inconnue 
Je crois savoir que la majorité des membres du Club de la Reine fait partie de la troupe anciennement appelée “ Les Compagnons Balladins ”. 
 
LA DAME INCONNUE 
C’est bien cela. Et alors ? 
 
NOSTRADAMIA (la prêtresse) 
En s’attaquant à eux, Little Brother s’attaque aussi à vous, et ce, au risque de dévoiler votre identité aux yeux du monde. Je ne pense pas que c’est ce que Votre Altesse souhaite, elle qui tient absolument à préserver à la fois sa vie privée et son anonymat.  
 
LA DAME INCONNUE 
Ce sera tout pour aujourd’hui ? 
 
NOSTRADAMIA (la prêtresse) 
Je vous demande simplement d’en tenir compte. 
 
LA DAME INCONNUE 
Tu m’excuses, Nostradamia, mais c’est bientôt l’heure du thé. 
 
NOSTRADAMIA (la prêtresse) 
Little Brother est très tenace. Méfiez-vous de lui car il ne lâchera rien tant qu’il n’aura pas établi un contrôle total sur vos compagnons et vous-même.  
 
LA DAME INCONNUE 
Je te remercie. 
 
NOSTRADAMIA (la prêtresse) 
A votre place, je quitterais cet endroit le plus rapidement possible avec tous les membres et j’irais me cacher quelque part où je serais certaine que personne ne puisse me retrouver. Et pour ne pas me faire repérer sur le continent, j’embarquerais à bord de la Salamandre qui est actuellement à quai dans le port de Constanza et je mettrais aussitôt les voiles pour une longue traversée en mer, là oú des satellites ne peuvent m’intercepter… 
 
MARTISOARA (cheveux roux tressés) 
Votre thé est servie, Madame ! 
 
Martisoara surgit avec un plateau à la main sur lequel repose une tasse de thé et une pâtisserie (Amandine) 
LA DAME INCONNUE 
Nous reparlerons de cela une autre fois, Nostradamia.  
 
NOSTRADAMIA (la prêtresse) 
Penser tout de même à ce que je vous ai dit ! Il en va de votre sécurité ! 
 
Nostradamia disparait ensuite… 
 
La Dame Inconnue referme le livre d'or qui disparaît aussitôt de ses mains comme par magie… 
 
 
MARTISOARA (cheveux roux tressés) 
Je vous ai apporté une bonne petite pâtisserie dont vous me direz des nou-velles, Votre Altesse !  
 
LA DAME INCONNUE 
Rien ne me fait plus plaisir qu’une Amandine pour mon quatre heures. C’est très gentil à vous d’y avoir pensée, Martisoara.  
 
 
MARTISOARA (cheveux roux tressés) 
Je sais que Madame en raffole !  
 
 
LA DAME INCONNUE 
Déposez le plateau sur la table, je me servirai moi-même.  
 
MARTISOARA (cheveux roux tressés) 
Dois-je vous faire couler un bain, Votre Altesse ? 
 
LA DAME INCONNUE 
Je ne pense pas pouvoir me rendre au château ce soir.  
 
MARTISOARA (cheveux roux tressés) 
Quelque chose ne va pas ?  
 
LA DAME INCONNUE 
Je me demande si ce n’est pas un peu tôt pour faire des retrouvailles ? 
 
MARTISOARA (cheveux roux tressés) 
C’est que Monsieur le Comte vous attend avec impatience ! 
 
LA DAME INCONNUE 
Sa Majesté Christophe Rodolphe Charles Henri « è tutti quanti » patientera en-core un peu. Ces retrouvailles ne sont pas à quelques jours près. 
 
MARTISOARA (cheveux roux tressés) 
Je vous signale qu’il a organisé cette veillée poétique en votre honneur. C’est d’ailleurs l’occasion rêvée de réunir tous les membres de notre Club. 
 
LA DAME INCONNUE 
Nous aurons l’occasion de nous réunir, mais ce sera dans un autre lieu. 
 
MARTISOARA (cheveux roux tressés) 
Comment cela ? 
 
LA DAME INCONNUE 
Je regrette, mais la fête se fera sans moi. Vous vous excuserez de ma part au-près de Monsieur. 
 
MARTISOARA (cheveux roux tressés) 
Je me demande ce que je vais bien pouvoir lui raconter ?! 
 
LA DAME INCONNUE 
Dites-lui n’importe quoi !… trouvez-moi un prétexte !  
 
MARTISOARA (cheveux roux tressés) 
Cela me gêne un peu. Je n’aime pas mentir. 
 
LA DAME INCONNUE 
A propos, vous arrive-t-il encore de voir Monsieur Sylvestre ? 
 
MARTISOARA (cheveux roux tressés) 
Je dirais même mieux ! Nous habitons à nouveau sous le même toit.  
 
LA DAME INCONNUE 
Ce n’était pas trop tôt ! Mes félicitations ! 
 
MARTISOARA (cheveux roux tressés) 
Pourquoi cette question ? 
 
LA DAME INCONNUE 
Chère amie, je vais vous sauver la mise. Allez chercher de l’encre et du papier ! Je vais rédiger une lettre destinée au Comte que votre Sylvestre lui fera parvenir en main propre. 
 
MARTISOARA (cheveux roux tressés) 
Votre Altesse m’enlève une épine du pied. Ce n’est pas trop mon truc de raconteur des salades! Néanmoins, puis-je savoir ce qui vous a fait changer d’avis soudainement? 
 
LA DAME INCONNUE 
Préparons-nous à lever les voiles !  
 
MARTISOARA (cheveux roux tressés) 
Mais encore ? 
 
LA DAME INCONNUE 
Pour le moment, c’est tout ce que je peux vous dire !  
 
Un nuage de fumée rose envahit les lieux… 
 
FIN DU PROLOGUE 
 
---------------- 
 
ACTE 1 – SCENE 1 
 
Le nuage de fumée rose se dissipe peu à peu… 
 
Pendant ce temps-là… 
 
La scène se déroule dans une chambre située dans la petite maison de Madame Maria à Craiova et dont la fenêtre est grande ouverte... 
 
 
Roberto dort profondément dans son lit… 
 
Une valise rouge a roulette repose près du lit… 
 
Un chapeau noir repose au-dessus du lit de Roberto... 
 
À travers la fenêtre, on distingue un ciel gris neigeux... 
 
Un sapin joliment décoré siège à deux pas de la porte d’entrée de la chambre… 
 
Maggi (petit chat noir aux pattes blanches et aux longues oreilles) se tient près du lit... 
 
Kiki (La petite chatte tigrée) est assise sur le lit… 
 
Baambi (petite chatte noire aux yeux d’or) est allongée sur le sol… 
 
 
KIKI (La petite chatte tigrée) 
Dommage que tu ne sois pas parti en voyage avec moi, Maggi. Crois-moi, tu te serais bien amusé ! 
 
MAGGI (petit chat noir aux pattes blanches et aux longues oreilles) 
Roberto n’a pas voulu me prendre avec lui. Il m’a dit que j’étais trop petit. 
 
KIKI (La petite chatte tigrée) 
C’était vraiment trop cool ! 
 
MAGGI (petit chat noir aux pattes blanches et aux longues oreilles) 
Tu as plus de chance que moi, Kiki !  
 
KIKI (La petite chatte tigrée) 
Je suis née sous une bonne étoile !  
 
MAGGI (petit chat noir aux pattes blanches et aux longues oreilles) 
A propos, vous êtes allés jusqu’où comme ça?  
 
KIKI (La petite chatte tigrée) 
On a fait tout le tour du pays. Nous sommes allés de ville en ville à la re-cherche d’un trésor. Une expérience trop cool ! 
 
MAGGI (petit chat noir aux pattes blanches et aux longues oreilles) 
Tu n’es pas partie avec eux, Maman ? 
 
BAAMBI (petite chatte noire aux yeux d’or) est allongée sur le sol 
Plus jamais je ne partirai en voyage avec Roberto et sa bande. J’en ai fait une amère experience l’an passé. De l’action, toujours de l’action! Avec eux, il n’y a jamais un moment de répit. On ne se repose jamais. Et non seulement cela, tu ne sais jamais oú tu mets les pieds et tu ne sais jamais sur quel dingo tu peux tomber. Et le pire dans tout ça, c’est qu’on ne mange jamais ! J’ai l’impression d’être une bagnarde ! A ce compte-là, mieux vaut rester chez soi! C’est beaucoup plus confortable. 
 
Soudain Patzy (La petite chatte aux grands yeux verts) surgit dans la chambre… 
 
PATZY (La petite chatte aux grands yeux verts) 
Salut tout le monde !  
 
MAGGI (petit chat noir aux pattes blanches et aux longues oreilles) 
Salut Patzy ! Comment tu vas ?  
 
PATZY (La petite chatte aux grands yeux verts) 
Pas trop super ! Je m’ennuie un peu en ce moment.  
 
KIKI (La petite chatte tigrée) 
Moi aussi. 
 
PATZY (La petite chatte aux grands yeux verts) 
Je manque d’exercice. 
 
KIKI (La petite chatte tigrée) 
Moi aussi. Je partirai bien en voyage. 
 
PATZY (La petite chatte aux grands yeux verts) 
Moi aussi.  
 
KIKI (La petite chatte tigrée) 
Que notre souhaits soient exaucé !  
 
PATZY (La petite chatte aux grands yeux verts) 
Sinon, comment va Roberto ?  
 
MAGGI (petit chat noir aux pattes blanches et aux longues oreilles) 
Monsieur dort encore. 
 
PATZY (La petite chatte aux grands yeux verts) 
Il n’a toujours pas ouvert les yeux ? 
 
MAGGI (petit chat noir aux pattes blanches et aux longues oreilles) 
Ne le dérange surtout pas, Patzy ! Il faut qu’il récupère des heures de sommeil.  
 
BAAMBI (petite chatte noire aux yeux d’or) est allongée sur le sol 
J’aimerais bien qu’il se réveille car je commence à avoir faim. 
 
MAGGI (petit chat noir aux pattes blanches et aux longues oreilles) 
Ses derniers voyages l’ont beaucoup fatigué, Mesdames.  
 
PATZY (La petite chatte aux grands yeux verts) 
Cette année, je me suis autant déplacée que lui, pour autant je garde la forme. Roberto est surtout fatigué de naissance. 
 
BAAMBI (petite chatte noire aux yeux d’or) est allongée sur le sol 
Un jour ou l’autre, il faudra bien qu’il se lève.  
 
PATZY (La petite chatte aux grands yeux verts) 
C’est maintenant ou jamais !  
 
Patzy bondit sur le lit… 
 
KIKI (La petite chatte tigrée) 
Ne le réveille pas, Patzy ! Pour une fois que je l’ai pour moi et rien que pour moi. 
 
PATZY (La petite chatte aux grands yeux verts) 
Je ne sais pas si tu es au courant, petite, mais Roberto est attendu au château du Comte pour participer à une veillée poétique en présence de tous ses compagnons.  
 
KIKI (La petite chatte tigrée) 
Ah bon ? Je n’étais pas au courant. 
 
MAGGI (petit chat noir aux pattes blanches et aux longues oreilles) 
Moi non plus. 
 
PATZY (La petite chatte aux grands yeux verts) 
Il est d’ailleurs prévu que je l’accompagne. 
 
KIKI (La petite chatte tigrée) 
Je peux venir aussi ? 
 
PATZY (La petite chatte aux grands yeux verts) 
Roberto m’a dit qu’il s’agissait d’une soirée pour les grandes personnes.  
 
KIKI (La petite chatte tigrée) 
Il aurait pu m’inviter. Après tous les risques que j’ai pris pour retrouver son trésor la fois passé. Ce n’est pas cool de sa part ! Il mériterait que je lui tire l’oreille. 
 
Soudain, la fenêtre de la chambre s’ouvre violement… 
 
Little Brother (Satellite à deux tête) apparait à la fenêtre… 
 
Pris de panique, Patzy va se cacher derrière le lit ; … 
 
Kiki saute du lit et va se cacher sous le lit… 
 
Maggy rentre dans la valise rouge à roulette… 
 
Baambi s’enfuit… 
 
La nuit commence à tomber… 
 
Little Brother (Satellite à deux tête) éblouit le visage de Roberto avec de puissants phares… 
 
LITTLE BROTHER (Satellite à deux tête) 
Réveille-toi, Roberto !  
 
Roberto ouvre grand ses yeux éblouis par les phares… 
 
ROBERTO 
Hein ?... qui ?... que ?... quoi ?... que se passe-t-il ?... 
 
LITTLE BROTHER (Satellite à deux tête) 
Tu pensais peut-être pouvoir m’échapper, Roberto, mais il n’en est rien. 
 
ROBERTO 
C’est quoi ce délire ? 
 
LITTLE BROTHER (Satellite à deux tête) 
Sache que je n’ai eu aucun mal pour retrouver ta trace.  
 
ROBERTO 
Je rêve ou quoi ?  
 
LITTLE BROTHER (Satellite à deux tête) 
Depuis que ton évasion de Babylon Circus, les exploits des Compagnons Balladins font régulièrement la une des journaux de Roumanywood. Ce n’est pas très malin de s’afficher ainsi en première couverture des magazines au risque de se faire repérer par nos rôdeurs satellitaires. 
 
ROBERTO 
Qu’est-ce que ça veut dire ? 
 
LITTLE BROTHER (Satellite à deux tête) 
Cela veut dire que c’est la presse people qui m’a conduit jusqu’à toi.  
 
ROBERTO 
C’est quoi ce délire ? 
 
LITTLE BROTHER (Satellite à deux tête) 
Maintenant que je t’ai à nouveau dans mon collimateur, tu seras mon prisonnier for ever ! 
 
Little Brother (Satellite à deux tête) s’envole rapidement… 
 
Les yeux de Roberto se referment ensuite… 
 
Quelques secondes plus tard, Roberto bondit du lit en hurlant… 
 
Roberto se lève, saisit son chapeau noir et sa valise rouge à roulette, puis s’enfuit… 
 
Kiki et Patzy s’enfuient également…  
 
FIN DE LA SCENE 1 
 
---------------- 
 
ACTE 1 – SCENE 2 
 
Quelques instants plus tard… 
 
La fenêtre de la chambre est grande ouverte… 
La nuit est presque tombée… 
 
Le son mélodieux d’une trompette raisonne… 
 
Madame Maria (cheveux noirs) entre dans la chambre en compagnie de Fernando Figlio de Vento (vêtu d’une chemise à fleurs et portant de longs cheveux) qui joue un air de trompette… 
Baambi (petite chatte noire aux yeux d’or) apparait à la fenêtre… 
 
MADAME MARIA (cheveux noirs) 
Debout, Roberto ! J’ai une surprise pour vous !  
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO, chante avec sa trompette à la main 
« Debout, mon gars, réveille-toi, 
Il va falloir en mettre un coup ! 
Debout, mon gars, réveille-toi, 
On part au bout du monde ! » 
 
MADAME MARIA (cheveux noirs) 
Mais où est-il passé ?...  
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO 
Comment va mon neveu ce matin ? 
 
 
MADAME MARIA (cheveux noirs)  
Je regrette, Monsieur Fernando, mais votre neveux n’est plus dans son lit !  
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO 
Quand il était petit, il aimait bien se cacher sous son lit !  
 
MADAME MARIA (cheveux noirs)  
Aujourd’hui, il est beaucoup trop grand pour faire l’idiot sous son lit. 
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO 
Il se cache peut-être dans le grenier ? 
 
MADAME MARIA (cheveux noirs)  
Je ne comprends pas !?... il dormait comme un loir depuis son retour. Le pauvre garçon avait participé auparavant à une grande chasse aux trésors dans tout le pays qui l’avait complètement épuisée, si bien qu’il passait des journées en-tières au lit pour récupérer du sommeil. Impossible de le sortir de ses draps. Il me semble que vous faisiez également parti de l’aventure, Monsieur Fernando. Je me trompe ? 
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO 
J’ai fait un bout de chemin avec lui et ses compagnons.  
 
MADAME MARIA (cheveux noirs)  
C’est bien vous qui les avez conduits en voiture jusqu’à la station téléphérique de Piatra Neamţ ? 
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO 
Ils étaient tombés en panne à Focşani en pleine nuit et comme le hasard a voulu que je me trouve là au bon endroit, je me suis proposé de les accompagner en voiture. Vous en savez des choses sur moi, Madame Maria. 
 
MADAME MARIA (cheveux noirs)  
C’est mon petit doigt qui me l’a dit ! D’ailleurs, je ne m’explique pas pourquoi vous avez quitté la station téléphérique discrètement sans vous faire remarquer et surtout sans nous dire au revoir !? 
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO 
Pendant que Roberto et ses compagnons cherchaient le trésor dans la station, je suis allé prendre un café au centre-ville. Ensuite, quand je suis retourné à la station, tout le monde avait disparu. Après, j’ai continué ma vie !  
 
Baambi (petite chatte noire aux yeux d’or) se tient toujours à la fenêtre… 
 
MADAME MARIA (cheveux noirs)  
Cela ne nous dit toujours pas où est passé Roberto ?... sa valise n’est pas là non plus ! C’est bizarre !? 
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO 
Il est peut-être allé faire des courses au supermarché !? 
 
MADAME MARIA (cheveux noirs)  
Mais j’y pense ! Ce soir, nous sommes invités à passer le réveillon de Noël au château du Comte de la Bouche-En-Biais.  
 
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO 
A mon avis, il a pris de l’avance !  
 
MADAME MARIA (cheveux noirs)  
Pardon ? 
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO 
Les cadeaux de Noël ont toujours attiré mon neveu ! 
 
MADAME MARIA (cheveux noirs)  
Le coquin ! Maintenant, je comprends mieux le pourquoi du comment !  
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO 
Vous voulez que je vous accompagne là-bas ? 
 
MADAME MARIA (cheveux noirs)  
Puisque vous me prenez pas les sentiments...  
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO 
Après vous, ma chère !  
 
MADAME MARIA (cheveux noirs)  
Allons-y de ce pas !  
 
Madame Maria quitte la chambre suivie de Fernando Figlio del Vento qui joue un air de trompette… 
 
Un nuage de fumée rose envahit les lieux… 
 
 
FIN DE LA SCENE 2 
 
 
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ACTE 1 – SCENE 3 
 
Le nuage de fumée rose se dissipe peu à peu… 
 
 
Au même instant… 
 
La scène se déroule dans le salon du château du Parc Romanescu de Craiova situé en bordure du lac, lequel château est composé de deux étages avec ter-rasse sur le toit, ainsi qu’un donjon qui domine sa structure architecturale… 
 
Le grand salon du château se présente comme une pièce circulaire avec un pla-fond-rotonde (porté par des colonnes) sur lequel est représentée une fresque picturale représentant la carte de la Roumanie et sa paysannerie d’autrefois.  
 
Le grand salon du château est composé des éléments décoratifs suivants : 
Un premier escalier en bois conduit au premier étage avec balcon circulaire, suivi d’un second escalier en bois menant au second étage avec balcon circulaire étroit d’où l’on peut contempler de très près la fresque picturale représentant la carte de la Roumanie et sa paysannerie d’autrefois… 
 
Une fenêtre haute et large avec un joli rideau, une cheminée en pierre, des cadres accrochés au mur, une bibliothèque, un fauteuil rose (3 places), une lampe de chevet placée devant la bibliothèque, un porte-manteau placé près de l’entrée, une petite commode à porte vitrée à travers laquelle on remarque des bouteilles de vin (Champinelle) et des coupes, une table basse, une grande horloge murale, une cheminée, un piano se tenant dans un coin du salon…  
Un panneau devant l’entrée du château indique : Club de la Reine 
A travers la fenêtre, on aperçoit la colombe qui vole dans la nuit noir…  
La cheminée du grand salon est allumée… 
Le Comte de la Bouche-en-Biais est assis sur le fauteuil rose, celui-ci tient le livre d’or grand ouvert dans ses mains, sa canne reposant près de lui... 
 
LE COMTE, lit un poème à voix haute 
« Le ciel est noir, la terre est blanche ; 
– Cloches, carillonnez gaîment ! – 
Jésus est né ; – la Vierge penche 
Sur lui son visage charmant. 
Pas de courtines festonnées 
Pour préserver l’enfant du froid ; 
Rien que les toiles d’araignées 
Qui pendent des poutres du toit. 
Il tremble sur la paille fraîche, 
Ce cher petit enfant Jésus, 
Et pour l’échauffer dans sa crèche 
L’âne et le boeuf soufflent dessus. 
La neige au chaume coud ses franges, 
Mais sur le toit s’ouvre le ciel 
Et, tout en blanc, le choeur des anges 
Chante aux bergers : » Noël ! Noël ! » 
Théophile Gautier - Noël - Émaux et Camées (1852) 
 
Monsieur Vlad (le Majordome) entre dans le salon… 
 
MONSIEUR VLAD 
Je m’excuse de devoir déranger Votre Majesté, mais un Monsieur que vous connaissez bien insiste pour vous remettre une enveloppe en main propre.  
 
LE COMTE 
Je vous en prie, faites-le entrer !  
 
Le livre d’or disparaît des mains du Comte comme par magie… 
 
Monsieur Sylvestre le facteur entre avec une enveloppe jaune à col rose dans une main… 
 
SYLVESTRE (le facteur) 
Joyeux Noël, Monsieur le Comte !  
 
LE COMTE 
Que me vaut le plaisir de votre visite, Monsieur Sylvestre? Faites vite car ce soir j’attends des invités de marque. 
 
SYLVESTRE (le facteur) 
Je viens prendre de vos nouvelles, mais pas seulement.  
 
LE COMTE 
Je ne me suis jamais senti aussi bien que depuis le jour où j’ai renoué des liens d’amitié avec une Dame dont j’ai le plus grand respect. 
 
SYLVESTRE (le facteur) 
C’est trop beau pour y croire. 
 
LE COMTE 
Je vous assure qu’entre elle et moi, c’est le bonheur retrouvé. Il est même question que nous nous retrouvions ce soir autour d’une coupe de Champinelle pour fêter nos retrouvailles comme au bon vieux temps où nous filions tous deux le parfait amour sur la plage de Mamaia Beach.  
 
SYLVESTRE (le facteur) 
Monsieur le Comte est vraiment sûr et certain que Madame viendra passer le réveillon de Noël au château ? 
 
LE COMTE 
Elle en meurt d’envie tout comme moi. 
 
SYLVESTRE (le facteur) 
Vous avez le droit de rêver. 
 
LE COMTE 
Monsieur Sylvestre n’est pas venu seulement pour prendre de mes nouvelles. Quel est l’objet réel de votre visite ? 
 
SYLVESTRE (le facteur) 
J’ai ce courrier de toute urgence à vous remettre. 
 
LE COMTE 
D’ordinaire, c’est le matin que vous faites votre tournée. 
 
SYLVESTRE (le facteur) 
Oui, mais là c’est exceptionnel. Et pour cause, ma femme m’a chargé de vous remettre ce courrier en main propre. 
 
 
LE COMTE 
J’ignorais que vous vous étiez remarié, facteur. 
 
SYLVESTRE (le facteur) 
Je précise qu’il s’agit toujours de la même personne. 
 
LE COMTE 
Vous voulez parler de Martisoara ? 
 
SYLVESTRE (le facteur) 
Nous nous sommes remis en ménage. 
 
LE COMTE 
Content de l’apprendre. 
 
SYLVESTRE (le facteur) 
J’espère que tout va bien se passer entre nous. Ce n’est pas facile de renouer des liens avec son ex future femme après plusieurs mois de séparation… 
 
LE COMTE 
Vous me raconterez votre vie une autre fois, mon ami. Venons-en au fait si vous le voulez bien. Je crois bien que vous avez une enveloppe à me remettre.  
 
Sylvestre remet l’enveloppe au Comte en main propre… 
 
SYLVESTRE (le facteur) 
De la part de Madame Son Altesse ! 
 
 
LE COMTE 
Qu’est-ce qui lui prend de m’écrire le soir de Noël ?  
 
SYLVESTRE (le facteur) 
Elle a sûrement quelque chose d’important à vous annoncer.  
 
LE COMTE 
Vous pouvez disposer, Sylvestre. 
 
SYLVESTRE (le facteur) 
Pas tout de suite ! Son Altesse a souhaité qu’un témoin soit présent à votre chevet au moment où vous lirez son message.  
 
LE COMTE 
Qu’est-ce que vous racontez ? 
 
SYLVESTRE (le facteur) 
Je suis les instructions, voilà tout.  
 
LE COMTE 
C’est ridicule ! Sortez, je vous prie ! 
 
SYLVESTRE (le facteur) 
Il n’en ai pas question.  
 
LE COMTE 
Vous refusez de partir?  
 
SYLVESTRE (le facteur) 
Je dois me tenir auprès de vous au cas vous seriez pris soudainement d’un malaise en lisant le message de Madame Son Altesse.  
 
LE COMTE 
Je peux savoir ce que cette femme manigance ?  
 
SYLVESTRE (le facteur) 
Je préfère que ce soit elle qui vous l’annonce. 
 
Le Comte s’approche de Sylvestre et lui tire l’oreille… 
 
LE COMTE, lui tire l’oreille 
Si vous savez quelque chose, c’est le moment de me le dire.  
 
SYLVESTRE (le facteur) 
Si je parle, il n’y aura plus d’effet de surprise !  
 
LE COMTE, lui tire l’oreille 
Je vous ordonne de parler !  
 
SYLVESTRE (le facteur) 
Je préfère garder le silence, mon Seigneur ! Je n’ai pas pour habitude de m’immiscer dans les histoires de couple. Vous voulez bien me rendre mon oreille. 
 
LE COMTE, lui tire l’oreille 
Eh bien, puisque c’est comme ça, je vais lire son message.  
 
Le Comte lâche l’oreille de Sylvestre… 
 
SYLVESTRE (le facteur) 
Voila qui est plus raisonnable ! 
 
LE COMTE, lit le message à haute voix 
« Monsieur, 
Par la présente, je vous fais savoir que je ne viendrais pas assister à votre petite veillée poétique. En effet, j’ai d’autres projets en vue. Vous voudrez bien vous excusez auprès de nos chers et tendres compagnons à qui je souhaite un joyeux Noel ! Bonne continuation à vous. » 
Signé : Madame votre voisine du parc. 
 
 
Les jambes de Monsieur Comte se mette à vaciller… 
 
SYLVESTRE (le facteur) 
Monsieur le Comte ne va pas bien ? 
 
LE COMTE 
Vous me voyez anéanti, Sylvestre. Madame ne viendra pas à notre rendez-vous. 
 
Le Comte tombe sur les genoux… 
 
SYLVESTRE (le facteur) 
Comme quoi, il ne faut jamais ce réjouir d’avance. 
 
LE COMTE 
Je vous en prie, facteur, laissez donc votre moral de côté !  
 
SYLVESTRE (le facteur) 
Ce n’est pas la fin du monde, Mister Comte ! Une de perdue, dix de retrouvées !  
 
LE COMTE 
Ce n’est guère le moment de plaisanter, mon ami. 
 
SYLVESTRE (le facteur) 
En attendant l’arrivée du Père Noël, je vous propose de déguster une coupe de Champinelle histoire de nous remémorer le bon vieux temps lorsque nous nous balancions dans le ciel comme une tranche de vie irréelle !  
 
Sylvestre débouche une bouteille de Champinelle… 
 
Un nuage de fumée rose envahit les lieux… 
 
 
FIN DE LA SCENE 3 
 
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ACTE 1 – SCENE 4 
 
Le nuage de fumée rose se dissipe peu à peu… 
 
Au même instant… 
 
La scène se déroule en deux séquences… 
 
SEQUENCE 1 
 
La séquence 1 se déroule dans une allée du parc Romanescu qui conduit vers la villa de type florentin dans laquelle réside la Dame Inconnue d’où l’on aperçoit un balcon donnant dans une chambre légèrement éclairée…  
 
Alioth (le chevalier de la Grande Ourse) apparait dans le ciel et éclaire l’allée d’où surgissent Roberto (chapeau noir) qui tient une valise rouge en main, Patzy (la petite chatte aux grands yeux verts) et Kiki (la petite chatte tigrée)… 
 
La colombe vole dans la nuit étoilée… 
 
PATZY (la petite chatte aux grands yeux verts) 
C’est trop super !  
 
KIKI (la petite chatte tigrée) 
C’est trop cool les voyages !  
 
ROBERTO (chapeau noir)  
On n’y est pas encore, ma belle !  
 
KIKI (la petite chatte tigrée) 
Tu m’avais promis que tu me donnerais tous les bateaux, tous les oiseaux, tous les soleils… 
 
ROBERTO (chapeau noir)  
Je ne t’ai rien promis du tout, Kiki !  
 
KIKI (la petite chatte tigrée) 
J’ai hâte de partir en mer !  
 
ROBERTO (chapeau noir)  
A partir de maintenant, je ne veux plus vous entendre, les filles !  
 
Roberto se métamorphose à ce moment-là et prend l’apparence de Butterfly Man (masque bleu en forme de papillon et cape bleue à taches dorées)… 
 
Un nuage de fumée rose envahit les lieux…. 
 
FIN DE LA SEQUENCE 1 
 
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SEQUENCE 2 
 
Le nuage de fumée rose se dissipe peu a peu… 
 
Quelques secondes plus tard… 
 
La séquence 2 se déroule dans la chambre de la Dame Inconnue située dans la villa du Parc « Nicolas P. Romanescu » à Craiova (județ de Dolj - Olténie)… 
 
Un sapin joliment décoré siège à deux pas de la fenêtre qui donne sur un balcon… 
 
 
Un tableau représentant Mona Lisa (La Joconde) est accroché au mur… 
 
 
La Dame Inconnue est placée près d’une commode de style Renaissance sur laquelle repose une grande glace dans laquelle elle se contemple pendant quelques secondes... 
 
C'est alors qu'une bague en cristal brillant de mille feux apparaît à son doigt...  
 
La Dame Inconnue contemple la bague qui laisse échapper une douce lueur sur son visage ; celle-ci prend alors l'apparence de Butterfly Rainbow (femme papillon aux couleurs de l'arc-en-ciel), puis elle lit un Poème à haute voix… 
 
BUTTERFLY RAINBOW (alias la Dame Inconnue), lit un Poème à haute voix 
Colinde, colinde! 
Chants de Noël, chants de Noël ! 
 
E vremea colindelor, 
C'est le temps des chants de Noël, 
 
Căci gheața se-ntinde 
Car la glace s'étend 
 
Asemeni oglinzilor 
Comme des miroirs 
 
Și tremură brazii 
Et les sapins frémissent 
 
Mișcând rămurelele, 
Bougeant les brindilles, 
 
Căci noaptea de azi-i 
Car cette nuit est celle 
 
Când scânteie stelele. 
Où les étoiles scintillent. 
 
Se bucur' copiii, 
Les enfants se réjouissent, 
 
Copiii și fetele, 
Les enfants et les filles, 
 
 
De dragul Mariei 
Pour l'amour de Marie 
 
Își piaptănă pletele, 
Ils se peignent les cheveux, 
 
De dragul Mariei 
Pour l'amour de Marie 
 
Ș-a Mântuitorului 
Et du Sauveur 
 
Lucește pe ceruri 
Brille dans le ciel 
 
O stea călătorului. 
Une étoile pour le voyageur. 
 
Colinde, colinde! (1902) de Mihai Eminescu 
 
Soudain, Butterfly Man apparait à la fenêtre du balcon avec Patzy sur une épaule… 
 
BUTTERFLY MAN (alias Roberto) 
Coucou, me revoilà !  
 
BUTTERFLY RAINBOW (alias la Dame Inconnue) 
Vous ici, Butterfly Man ?  
 
BUTTERFLY MAN (alias Roberto) 
Vu la mésaventure qu’il m’est arrivé ce matin alors que je dormais paisiblement, je me suis dit qu’il fallait absolument vous en parler.  
 
BUTTERFLY RAINBOW (alias la Dame Inconnue) 
J’espère que ce n’est pas trop grave ? 
 
BUTTERFLY MAN (alias Roberto) 
Un mauvais cauchemar m’a fait sursauter du lit. 
 
BUTTERFLY RAINBOW (alias la Dame Inconnue) 
Les cauchemars ont une signification profonde considérés comme des avertissements. Encore que tout dépend du tableau qui vous fut présenté ?! 
 
 
BUTTERFLY RAINBOW (alias la Dame Inconnue) 
Un tableau plutôt noir.  
 
BUTTERFLY RAINBOW (alias la Dame Inconnue) 
Expliquez-vous. 
 
BUTTERFLY MAN (alias Roberto) 
Des menaces étaient proférées à l’encontre des Compagnons Balladins. Le plus étrange dans cette histoire, c’est que celui qui proférait ces menaces n’était autre que “ Little Brother ”, une vieille connaissance qui avait pour habitude d’espionner mes moindres faits et gestes, ce qui réveille en moi de mauvais souvenirs. 
 
BUTTERFLY RAINBOW (alias la Dame Inconnue) 
Vous voulez parler de ce satellite espion ?  
 
BUTTERFLY MAN (alias Roberto) 
C’est exact. Comment le savez-vous ? 
 
BUTTERFLY RAINBOW (alias la Dame Inconnue) 
J’ai eu vent de lui récemment. D’après mes sources, il est actuellement à vos trousses. 
 
BUTTERFLY MAN (alias Roberto) 
Si par malheur, il nous a dans son collimateur, vous pouvez être sûre qu’il ne nous lâchera pas d’une semelle. 
 
BUTTERFLY RAINBOW (alias la Dame Inconnue) 
Que comptez-vous faire ? 
 
BUTTERFLY MAN (alias Roberto) 
Je pense que le mieux pour nous serait de mettre les voiles !  
 
BUTTERFLY RAINBOW (alias la Dame Inconnue) 
Cela tombe bien puisque la Salamandre est actuellement à quai dans le port de Constanza.  
 
BUTTERFLY MAN (alias Roberto) 
Notre goélette tombe à point nommé. 
 
BUTTERFLY RAINBOW (alias la Dame Inconnue) 
Il ne nous reste plus qu’à prévenir les autres membres du Club. 
 
BUTTERFLY MAN (alias Roberto) 
Ça va être difficile de convaincre nos compagnons de tout abandonner un soir de Noël. 
 
BUTTERFLY RAINBOW (alias la Dame Inconnue) 
Il le faut pourtant. Il en va de notre liberté.  
 
BUTTERFLY MAN (alias Roberto) 
« Que les étoiles éclairent notre chemin ! »  
 
Butterfly Man s’envole ensuite… 
 
BUTTERFLY RAINBOW (alias la Dame Inconnue) 
« Longue vie à la colombe ! » 
 
Un nuage de fumée rose envahit les lieux… 
 
FIN DE LA SEQUENCE 2 
 
FIN DE LA SCENE 4 
 
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ACTE 1 – SCENE 5 
 
Le nuage de fumée rose se dissipe peu à peu… 
 
Pendant ce temps-là… 
 
La scène se déroule dans le grand salon du château du Parc Romanescu de Craiova situé en bordure du lac où siège le Club de la Reine… 
 
Au milieu de la pièce se dresse une grande table sur laquelle reposent des coupes et des bouteilles de vin… 
 
La colombe est placée sur le rebord de la fenêtre grande ouverte… 
 
La cheminée est toujours allumée… 
 
Monsieur Sylvestre (le facteur), Monsieur Vlad (le majordome) et Monsieur le Comte (vêtu de son traditionnel peignoir marron) se tiennent à table, tous trois dégustant une coupe de vin (Champinelle)… 
 
Monsieur le Comte tient une canne dans sa main et dans l’autre une coupe de Champinelle… 
 
MONSIEUR VLAD (le majordome) et SYLVESTRE (le facteur), chantent avec une coupe de vin à la main 
« Boire un petit coup, c’est agréable !  
Boire un petit coup, c’est doux ! » 
 
SYLVESTRE (le facteur) 
« Allez, encore une fois ! »  
 
MONSIEUR VLAD (le majordome) et SYLVESTRE (le facteur), chantent avec une coupe de vin à la main 
« Boire un petit coup, c’est agréable ! »  
 
LE COMTE, frappe sur la table avec sa canne 
Ça suffit !  
 
SYLVESTRE (le facteur), chante 
« Boire un petit coup, c’est doux ! » 
 
LE COMTE, frappe sur la table avec sa canne 
Taisez-vous !  
 
SYLVESTRE (le facteur) 
Qu’est-ce qui ne va pas encore, Mister Comte ? 
 
LE COMTE 
Ce soir, je ne suis pas d’humeur à faire la fiesta, surtout après l’affront que je viens de subir. 
 
SYLVESTRE (le facteur) 
Voyons, vous n’allez pas remettre ça sur le tapis!  
 
LE COMTE 
Rendez-vous compte, Sylvestre, Madame me laisse tomber le soir de Noël ! Vous trouvez cela normal ? 
 
SYLVESTRE (le facteur) 
Il faut vous faire une raison, Mister Comte. Dans la vie, tout ne se passe pas toujours comme nous le désirons. 
 
 
LE COMTE 
Plus j’y pense et plus cela me ronge de l’intérieur.  
 
SYLVESTRE (le facteur) 
Tout à l’heure, en fin d’après-midi, nous avions convenu un accord comme quoi vous laisseriez vos problèmes de côté le temps d’une veillée poétique.  
 
LE COMTE 
Jamais, m’entendez-vous, jamais je ne lui pardonnerai ! 
 
MONSIEUR VLAD  
Une de perdue, c’est dix de retrouvée !  
 
LE COMTE 
Ce genre de plaisanterie ne me plait guère, Monsieur Vlad.  
 
MONSIEUR VLAD  
Je voulais seulement vous apporter mon soutien psychologique. 
 
LE COMTE 
A votre place, je la mettrais en veilleuse. 
 
SYLVESTRE (le facteur) 
Votre Majesté ne devrait pas se mettre dans un état pareil. Ce soir, c’est la trêve des confiseurs! 
 
LE COMTE, hurle 
Je n’oublierai pas cet affront de sitôt.  
 
MONSIEUR VLAD  
Orgueil, quand tu nous tiens ! 
 
SYLVESTRE (le facteur) 
« La vie est une fleur, l’amour en est le miel. 
C’est la colombe unie à l’aigle dans le ciel, 
C’est la grâce tremblante à la force appuyée, 
C’est ta main dans ma main doucement oubliée… 
— Aimons-nous ! aimons-nous ! » 
Victor Hugo, Le roi s'amuse, Acte II. 
 
LE COMTE 
Pour qui me prend-elle ? Il n’est pas question que je baisse ma garde ! 
 
Martisoara (cheveux roux tressées) entre dans le salon suivie du Lieutenant Poponetz… 
 
LE LIEUTENANT POPONETZ, une coupe de vin dans sa main 
« Aux approches de Noël, par une sorte d'accord entre les parlementaires, on ne soulève pas de questions irritantes, qui, troublant l'esprit public, nuiraient aux affaires. Et même, afin de mieux vivre en paix, on se sépare, on se donne des vacances. Donc, point d'aigres propos et pendant cette accalmie, les marchands de sucreries, de gâteaux, de friandises, font, tout doucement, leur petit commerce. Les confiseurs jubilent, profitant de la suspension des hostilités à la Chambre, et cette tranquillité dont ils bénéficient s'est appelée la trêve des confiseurs. » 
 
 
MARTISOARA (cheveux roux tressés)  
Joyeux Noël tout le monde !  
 
LE LIEUTENANT POPONETZ, une coupe de vin dans sa main 
La trêve des confiseurs est une expression qui est apparue en France vers 1875 à l'occasion des vifs débats à la Chambre sur la future constitution de la Troisième République.  
 
LE COMTE 
Que signifie toute cette pagaille ? 
 
LE LIEUTENANT POPONETZ, une coupe de vin dans sa main 
Vous voulez bien me servir une coupe de Champinelle, Monsieur Vlad ! 
 
MONSIEUR VLAD 
Bien volontiers, mon Lieutenant. 
 
LE COMTE 
Que faites-vous chez moi, Lieutenant Poponetz ? 
 
MARTISOARA (cheveux roux tressés)  
Je vais tout vous expliquer, Monsieur le Comte. 
 
LE COMTE 
Mêlez-vous de vos oignons, Martisoara ! J’en bave suffisamment comme ça à cause de vous. 
 
MARTISOARA (cheveux roux tressés)  
Je peux savoir ce que vous me reprochez exactement ?  
 
LE COMTE 
Ne faites pas l’idiote. Vous savez très bien où je veux en venir. C’est bien vous, n’est-ce pas, qui avez acceptée de servir d’intermédiaire entre elle et moi.  
 
MARTISOARA (cheveux roux tressés)  
Je ne vois pas ce qui a de mal à rendre service à quelqu’un ? 
 
LE COMTE 
Vous ne vous êtes pas posée la question quant aux conséquences dramatiques que cela pouvaient avoir sur ma personne en apprenant la mauvaise nouvelle ?... vous ne vous êtes pas mise à ma place ? 
 
MARTISOARA (cheveux roux tressés)  
Vos histoires ne me concernent pas, Monsieur le Comte.  
 
LE COMTE 
Si Madame avait quelque chose d’important à me dire, le mieux c’eût été qu’elle vienne me le dire en face. Ainsi, j’aurais pu obtenir de sa bouche des explications. En acceptant de devenir sa complice, vous vous êtes rendue coupable d’un crime impardonnable à mes yeux. Jamais je n’aurais cru que l’un de mes plus fidèles compagnons puisse me trahir le jour de Noël. 
 
SYLVESTRE 
Relax, Mister Comte ! Tout va s’arranger. Vous n’y penserez plus dans deux jours.  
 
LE COMTE 
Quelqu’un pourrait-il m’expliquer pourquoi Madame a décliné mon invitation !?...  
 
MONSIEUR VLAD 
Cela devient une obsession chez lui.  
 
MARTISOARA (cheveux roux tressés)  
A moins qu’elle ait décidé de passer le réveillon avec un autre homme ?... je n’exclus aucune hypothèse à ce stade. 
 
 
MARTISOARA (cheveux roux tressés)  
Monsieur le Comte a perdu la tête ! Il n’y a personne d’autre que vous dans sa vie.  
 
LE COMTE 
Mais alors pourquoi n’est-elle pas venue ? 
 
MARTISOARA (cheveux roux tressés)  
Elle a peut-être pris un coup de froid.  
 
LE COMTE 
C’est cela, prenez-moi pour un idiot !  
 
MONSIEUR VLAD  
Une autre coupe de Champinelle, Monsieur le Comte ?... cela vous changera les idée !  
 
LE COMTE 
Oui, mais alors une goutte seulement ! Bien que je n’ai pas trop le cœur à la fête, pour autant je me dois de rester digne aux yeux de mes invités de marque. Pas question que je baisse ma garde ! Qu’on se le dise !  
 
SYLVESTRE 
A la santé de Monsieur le Comte !  
 
MONSIEUR VLAD 
Que la fête commence !  
 
 
LE COMTE, lit un poème 
« Le rideau s’est levé devant mes yeux débiles, 
La lumière s’est faite et j’ai vu ses splendeurs ; 
J’ai compris nos destins par ces ombres mobiles 
Qui se peignaient en noir sur de vives couleurs. 
Ces feux, de ta pensée étaient les lueurs pures, 
Ces ombres, du passé les magiques figures, 
J’ai tressailli de joie en voyant nos grandeurs. 
 
Il est donc vrai que l’homme est monté par lui-même 
Jusqu’aux sommets glacés de sa vaste raison, 
Qu’il y peut vivre en paix sans plainte et sans blasphème, 
Et mesurer le monde et sonder l’horizon. 
Il sait que l’univers l’écrase et le dévore ; 
Plus grand que l’univers qu’il juge et qui l’ignore, 
Le Berger a lui-même éclairé sa maison. » 
Alfred de Vigny - L’Âge d’Or de l’Avenir (1843) 
 
 
FIN DE LA SCENE 5 
 
---------------- 
 
 
ACTE 1 – SCENE 6 
 
MARTISOARA (cheveux roux tressés) 
« Longue vie à la colombe ! » 
 
SYLVESTRE, chantent avec une coupe de vin à la main 
« Boire un petit coup, c’est agréable !  
Boire un petit coup, c’est doux ! » 
 
MONSIEUR VLAD 
A votre santé, Messieurs Dames !  
 
LE COMTE  
Que la fête commence !  
 
Monsieur Vlad sert une coupe de Champinelle à tout le monde… 
 
LE LIEUTENANT POPONETZ, chante un poème avec une coupe de Champinelle à la main 
« Les sapins en bonnets pointus 
De longues robes revêtu 
Comme des astrologues 
Saluent leurs frères abattus 
Les bateaux qui sur le Rhin voguent » 
Les sapins - Guillaume Apollinaire (Alcool – 1913) - PART 1 
 
SYLVESTRE, chante un poème  
Dans les sept arts endoctrinés 
Par les vieux sapins leurs aînés 
Qui sont de grands poètes 
Ils se savent prédestinés 
Les sapins - Guillaume Apollinaire (Alcool – 1913) - PART 2 
 
 
MONSIEUR VLAD, poursuit en chantant  
A briller plus que des planètes 
A briller doucement changés 
En étoiles et enneigés 
Aux Noëls bienheureuses 
Fêtes des sapins en songés 
Aux longues branches langoureuses 
Les sapins - Guillaume Apollinaire (Alcool – 1913) - PART 3 
 
LE LIEUTENANT POPONETZ, poursuit en chantant  
Les sapins beaux musiciens 
Chantent des noëls anciens 
Au vent des soirs d'automne 
Ou bien graves magiciens 
Incantent le ciel quand il tonne 
Les sapins - Guillaume Apollinaire (Alcool – 1913) - PART 4 
 
SYLVESTRE, poursuit en chantant  
Des rangées de blancs chérubins 
Remplacent l'hiver les sapins 
Et balancent leurs ailes 
L'été ce sont de grands prêtres 
Ou bien de vieilles demoiselles 
Sapins médecins divagants 
Les sapins - Guillaume Apollinaire (Alcool – 1913) - PART 5 
 
 
 
MONSIEUR VLAD, poursuit en chantant  
Ils vont offrant leurs bons onguents 
Quand la montagne accouche 
De temps en temps sous l'ouragan 
Un vieux sapin geint et se couche 
Les sapins - Guillaume Apollinaire (Alcool – 1913) - PART 6 
 
La colombe s’envole… 
 
LE COMTE 
A propos, Lieutenant Poponetz, je ne sais toujours pas ce que vous faites chez moi ?  
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Je n’ai pas voulu vous le dire tout à l’heure car je vous sentais un peu nerveux, mais comme Sa Majesté va beaucoup mieux à présent, je peux lâcher tout vous avouer. Si je suis ici, c’est sur la demande de Madame Son Altesse. En effet, celle-ci m’a chargé de passer le réveillon à vos côtés pour vous surveiller.  
 
LE COMTE 
Pour quelle raison, je vous prie ?  
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Le fait qu’elle ait annulé vos retrouvailles, Son Altesse a peur que cela vous affecte émotionnellement et qu’ensuite vous mettiez fin à vos jours. 
 
LE COMTE 
Madame a du remord à présent ? 
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Madame ne veut surtout pas avoir un drame sur la conscience.  
 
LE COMTE 
Si Madame craint pour ma vie, dans ce cas pourquoi n’a-t-elle pas fait appel à une ambulance ?  
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
En général, l’ambulance intervient après le drame.  
 
LE COMTE 
Mais alors, pourquoi un policier ?  
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Le policier intervient avant le drame à titre de prévention.  
 
LE COMTE 
Vous direz ceci à Madame de ma part : « Une de perdue, c’est dix de retrou-vées ! » 
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Et Madame qui pensait que Monsieur le Comte allait sombrer dans le désespoir. 
 
LE COMTE 
« Au milieu de la haine, 
J'ai trouvé qu’il y avait en moi 
un amour invincible. 
Au milieu des larmes, 
j'ai trouvé qu’il y avait en moi 
un sourire invincible. 
Au milieu du chaos, 
j'ai trouvé qu’il y avait en moi 
un calme invincible. 
J’ai réalisé à travers tout cela que, 
Au milieu de l’hiver, 
il y avait en moi un été invincible, 
et cela me rend heureux. » 
Albert Camus 
 
Soudain, le son d’une trompette retentit…  
 
Madame Maria (cheveux noirs) entre dans le salon en chantant sur un air de trompette mélodieux… 
 
MADAME MARIA (cheveux noirs) 
« - Ouvrez, les gens, ouvrez la porte, 
je frappe au seuil et à l'auvent, 
ouvrez, les gens, je suis le vent, 
qui s'habille de feuilles mortes. 
 
Fernando Figlio del Vento entre dans le salon en jouant de la trompette… 
 
LE COMTE, chante à son tour  
- Entrez, monsieur, entrez, le vent, 
voici pour vous la cheminée 
et sa niche badigeonnée ; 
entrez chez nous, monsieur le vent. 
 
MADAME MARIA (cheveux noirs) 
- Ouvrez, les gens, je suis la pluie, 
je suis la veuve en robe grise 
dont la trame s'indéfinise, 
dans un brouillard couleur de suie. 
 
 
LE COMTE  
- Entrez, la veuve, entrez chez nous, 
entrez, la froide et la livide, 
les lézardes du mur humide 
s'ouvrent pour vous loger chez nous. 
 
MADAME MARIA (cheveux noirs) 
- Levez, les gens, la barre en fer, 
ouvrez, les gens, je suis la neige, 
mon manteau blanc se désagrège 
sur les routes du vieil hiver. 
 
LE COMTE  
- Entrez, la neige, entrez, la dame, 
avec vos pétales de lys 
et semez-les par le taudis 
jusque dans l'âtre où vit la flamme. 
 
MADAME MARIA (cheveux noirs) et LE COMTE, chantent ensemble  
Car nous sommes les gens inquiétants 
qui habitent le Nord des régions désertes, 
qui vous aimons - dites, depuis quels temps ? - 
pour les peines que nous avons par vous souffertes. » 
Émile Verhaeren (Décembre)  
 
 
FIN DE LA SCENE 6 
 
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ACTE 1 – SCENE 7 
 
Pendant que tout le monde s’amuse, Fernando Figlio del Vento continue de jouer de la trompette… 
 
LE COMTE 
Dites-moi, Madame Maria, comment se fait-il que votre cher et tendre locataire ne soit pas avec vous ce soir ?  
 
MADAME MARIA (cheveux noirs)  
Je ne vois pas de qui vous voulez parler, Monsieur le Comte ? 
 
LE COMTE 
Ne faites pas semblant de ne pas savoir de qui je veux parler alors que tout le monde sait bien que ce dernier est actuellement chez vous.  
 
MADAME MARIA (cheveux noirs)  
Vous voulez parler de Roberto, c’est bien cela ?... le mot est fort quand vous dites locataire. Disons qu’il vient de temps en temps chez moi pour me donner un coup de main dans le jardin quand ce n’est pas pour dormir des heures en-tières dans une chambre que j’ai aménagé rien que pour lui avec un petit bu-reau pour qu’il puisse écrire ses mémoires. Sinon, la plupart du temps, il est en vadrouille.  
 
LE COMTE 
Comment va-t-il ces temps-ci ? 
 
MADAME MARIA (cheveux noirs)  
Figurez-vous que je n’ai plus de ses nouvelles depuis cinq heures de l’après-midi. Monsieur a quitté la maison brusquement sans me prévenir en emportant sa valise. Sur le coup, j’ai pensé qu’il s’était rendu au château, or je constate qu’il n’est pas là et je m’en inquiète.  
LE COMTE 
Il est sans doute allé rejoindre sa femme. 
 
MADAME MARIA (cheveux noirs)  
De quelle femme parlez-vous ?  
 
LE COMTE 
Décidément, vous ne savez jamais rien. Je veux parler de Dona Crina d’Alba.  
 
MADAME MARIA (cheveux noirs)  
J’ai vaguement entendu parler d’elle.  
 
LE COMTE 
Vous ne connaissez pas cette femme ? 
 
MADAME MARIA (cheveux noirs)  
La vie privée de Roberto ne me regarde pas.  
 
LE COMTE 
J’en conviens. Pour autant, il y a quelque chose que je n’arrive toujours pas à comprendre et peut-être que vous allez pouvoir m’éclairer ?...  
 
DONA CRINA D’ALBA (cheveux noirs) 
Je vous écoute. 
 
Soudain, Madame Maria (cheveux noirs) prend l’apparence de Dona Crina d’Alba (cheveux blonds) comme par l’effet d’une baguette magique sans que Monsieur le Comte et les autres personnages ne s’en aperçoivent… 
 
LE COMTE 
Comment se fait-il que Monsieur Roberto passe autant de temps avec vous qu’avec sa femme ? 
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds) 
Dites aussi que je suis sa maitresse. 
 
LE COMTE 
Je crois à la fidélité dans le mariage, chère Madame. Seulement là, je constate que Roberto dépasse un peu les bornes si vous voyez ce que je veux dire. Pas-ser de la brune à la blonde en toute impunité est un acte odieux.  
 
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds) 
Ne vous méprenez pas, Monsieur le Comte, si Roberto vient se reposer chez moi après avoir parcouru un long voyage, c’est seulement pour prendre le bon air frais de mon jardin, la de tout temps il peut trouver l’inspiration pour écrire ses mémoires. 
 
LE COMTE 
Parlons-en de ses mémoires ! Il en parle beaucoup, mais je n’en vois pas beau-coup la couleur. Aujourd’hui encore, j’ai consulté le livre d’or pour découvrir la suite de ses aventures, mais aucune encre n’apparaissait sur le chapitre sui-vant. 
 
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds) 
L’histoire s’écrira d’elle-même, Monsieur le Comte !  
 
LE COMTE 
Je vous demande pardon ? 
 
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds) 
 
Mon petit doigt me dit que nous ne sommes pas au bout de nos surprises !  
 
LE COMTE 
Comment ça ? 
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds) 
Avec Roberto, il faut s’attendre à tout, mon cher !  
 
Roberto entre dans le salon à ce moment-là avec sa valise rouge à roulette en main sur laquelle est incrustée une petite fenêtre d’où dépasse la tête de Maggi (le petit chat noir aux pattes blanches et aux longues oreilles) , suivi de Patzy (La petite chatte aux grands yeux verts) et Kiki (La petite chatte tigrée) 
 
ROBERTO (chapeau noir) 
Joyeux Noël, Compagnons !  
 
PATZY (La petite chatte aux grands yeux verts) 
Super !  
 
KIKI (La petite chatte tigrée) 
C’est trop cool ! 
 
MAGGI (le petit chat noir aux pattes blanches et aux longues oreilles) 
Genialissima !  
 
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds) 
Quand on parle du loup, on en voit la queue !  
 
 
Roberto (chapeau noir) pose sa valise sur le sol et déclame un poème à haute voix accompagné par la trompette de Fernando Figlio del Vento… 
 
ROBERTO (chapeau noir), déclame un poème à haute voix 
« Je ne puis voir la mer sans rêver de voyages. 
 
Le soir se fait, un soir ami du paysage, 
Où les bateaux, sur le sable du port, 
En attendant le flux prochain, dorment encor. 
 
Oh ce premier sursaut de leurs quilles cabrées, 
Au fouet soudain des montantes marées ! 
Oh ce regonflement de vie immense et lourd 
Et ces grands flots, oiseaux d’écume, 
Qui s’abattent du large, en un effroi de plumes, 
Et reviennent sans cesse et repartent toujours ! 
Émile Verhaeren - Le voyage (Les forces tumultueuses - 1902) – PART 1 
 
DONA CRINA D’ALBA, poursuit  
La mer est belle et claire et pleine de voyages. 
À quoi bon s’attarder près des phares du soir 
Et regarder le jeu tournant de leurs miroirs 
Réverbérer au loin des lumières trop sages ? 
La mer est belle et claire et pleine de voyages 
Et les flammes des horizons, comme des dents, 
Mordent le désir fou, dans chaque cœur ardent : 
L’inconnu est seul roi des volontés sauvages. 
Émile Verhaeren - Le voyage (Les forces tumultueuses - 1902) – PART 2 
 
ROBERTO (chapeau noir) 
Partez, partez, sans regarder qui vous regarde, 
Sans nuls adieux tristes et doux, 
Partez, avec le seul amour en vous 
De l’étendue éclatante et hagarde. 
Oh voir ce que personne, avec ses yeux humains, 
Avant vos yeux à vous, dardés et volontaires, 
N’a vu ! voir et surprendre et dompter un mystère 
Et le résoudre et tout à coup s’en revenir, 
Du bout des mers de la terre, 
Vers l’avenir, 
Avec les dépouilles de ce mystère 
Triomphales, entre les mains ! 
Émile Verhaeren - Le voyage (Les forces tumultueuses - 1902) – PART 3 
 
DONA CRINA D’ALBA, poursuit  
Ou bien là-bas, se frayer des chemins, 
À travers des forêts que la peur accapare 
Dieu sait vers quels tourbillonnants essaims 
De peuples nains, défiants et bizarres. 
Et pénétrer leurs mœurs, leur race et leur esprit 
Et surprendre leur culte et ses tortures, 
Pour éclairer, dans ses recoins et dans sa nuit, 
Toute la sournoise étrangeté de la nature ! 
Émile Verhaeren - Le voyage (Les forces tumultueuses - 1902) – PART 4 
 
ROBERTO (chapeau noir) 
Oh ! les torridités du Sud — ou bien encor 
La pâle et lucide splendeur des pôle 
Que le monde retient, sur ses épaules, 
Depuis combien de milliers d’ans, au Nord ? 
Dites, l’errance au loin en des ténèbres claires, 
Et les minuits monumentaux des gels polaires, 
Et l’hivernage, au fond d’un large bateau blanc, 
Et les étaux du froid qui font craquer ses flancs, 
Et la neige qui choit, comme une somnolence, 
Des jours, des jours, des jours, dans le total silence. 
Dites, agoniser là-bas, mais néanmoins, 
Avec son seul orgueil têtu, comme témoin, 
 
 
DONA CRINA D’ALBA, poursuit  
Vivre pour s’en aller — dès que le printemps rouge 
Aura cassé l’hiver compact qui déjà bouge — 
Trouer toujours plus loin ces blocs de gel uni 
Et rencontrer, malgré les volontés adverses, 
Quand même, un jour, ce chemin qui traverse, 
De part en part, le cœur glacé de l’infini. 
Émile Verhaeren - Le voyage (Les forces tumultueuses - 1902) – PART 5 
 
ROBERTO (chapeau noir) 
Je ne puis voir la mer sans rêver de voyages. 
Le soir se fait, un soir ami du paysage 
0ù les bateaux, sur le sable du port, 
En attendant le flux prochain dorment encor… 
 
Oh ce premier sursaut de leurs quilles cabrées 
Aux coups de fouet soudains des montantes marées ! 
Émile Verhaeren - Le voyage (Les forces tumultueuses - 1902) – PART 6 
 
TOUT LE MONDE, ensemble  
« Que les étoiles éclairent notre chemin ! » 
 
La lumière du salon s’éteint soudainement… 
 
FIN DE LA SCENE 7 
 
 
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ACTE 1 – SCENE 8 
 
Fernando Figlio del Vento continue de jouer de la trompette… 
 
Le Chevalier Alioth apparait à la fenêtre et éclairent l’entrée du salon… 
 
Soudain, Butterfly Rainbow surgit devant l’entrée du salon, fait plusieurs tours sur elle-même et se métamorphose en prenant l’apparence de Lady Mysterious (robe rouge et chapeau rouge lui recouvrant le visage)… 
 
Lady Mysterious entre dans le salon éclairée par le Chevalier Alioth… 
 
 
LADY MYSTERIOUS 
« Petit Jésus qu'il nous faut être, 
Si nous voulons voir Dieu le Père, 
Accordez-nous d'alors renaître 
 
En purs bébés, nus, sans repaire 
Qu'une étable, et sans compagnie 
Qu'un âne et qu'un bœuf, humble paire ; 
 
D'avoir l'ignorance infinie 
Et l'immense toute-faiblesse 
Par quoi l'humble enfance est bénie ; 
 
De n'agir sans qu'un rien ne blesse 
Notre chair pourtant innocente 
Encor même d'une caresse, 
 
Sans que notre œil chétif ne sente 
Douloureusement l'éclat même 
De l'aube à peine pâlissante, 
 
Du soir venant, lueur suprême, 
Sans éprouver aucune envie 
Que d'un long sommeil tiède et blême... 
 
En purs bébés que l'âpre vie 
Destine, — pour quel but sévère 
Ou bienheureux ? — foule asservie 
 
Ou troupe libre, à quel calvaire ? » 
Paul Verlaine – Noël - Recueil : Liturgies intimes (1892). 
 
Fernando Figlio del Vento cesse de jouer de la trompette… 
 
Lady Mysterious salue l’assemblée… 
 
Le chevalier Alioth s’enfuit et la lumière se rallume… 
 
Tout le monde applaudit… 
 
Le Comte se lève de son siège et se dirige vers la Dame Inconnue pour l’accueillir… 
 
LE COMTE 
Entrez donc, Lady Mysterious ! Soyez la bienvenue dans mon humble demeure! 
 
Le Comte lui fait le baisemain… 
 
LADY MYSTERIOUS 
Je ne vous dérange pas, Monsieur le Comte ? 
 
 
LE COMTE 
Un rayon de lune a toujours sa place dans mon salon !  
 
LADY MYSTERIOUS 
Pourtant, je ne me suis pas fait annoncer. 
 
LE COMTE 
Une de perdue, c’est dix de retrouvée !  
 
LADY MYSTERIOUS 
Je vous demande pardon ? 
 
LE COMTE 
« Cette nuit, des oiseaux ont chanté dans mon cœur… 
C’était la bonne fin de l’ancienne rancœur… 
J’écoutais ces oiseaux qui chantaient dans mon cœur. 
Dans ma grande douleur, la nuit me fut clémente 
Et tendre autant que peut se montrer une amante. 
Ce fut la rare nuit qui se montra clémente. 
Dans ton ombre, j’ouïs le chant de ses oiseaux. 
Et je dormis enfin… Mes songes furent beaux 
Pour avoir entendu le chant de ces oiseaux… » 
Renée Vivien - Oiseaux dans la nuit (Dans un coin de violettes, 1910) 
 
LADY MYSTERIOUS 
Ce soir, je trouve Monsieur le Comte très enjoué!  
 
LE COMTE 
J’ai décidé de croquer la vie à pleine dent ! Je vous en prie, chère amie, prenez votre place à table ! Nous avons tant de choses à nous dire. 
 
 
LADY MYSTERIOUS 
Monsieur le Comte n’est vraiment pas étonné de me voir ici ? 
 
LE COMTE 
Vous passiez par hasard dans la région et soudain votre mémoire se rappela du bon vieux temps lorsque vous franchisâtes la grille d’entrée du parc pour m’écouter chanter sur le balcon du château enchanté ! 
 
LADY MYSTERIOUS 
En fait, je suis venue pour vous avertir qu’un danger imminent se prépare. 
 
LE COMTE 
Comment ça ? 
 
LADY MYSTERIOUS 
Je n’ai pas le temps de vous expliquer, si ce n’est que vous allez devoir lever le camp dans quelques minutes avant l’arrivée de Little Brother.  
 
LE COMTE 
Qu’est-ce que c’est encore que cette histoire de dingue ?  
 
Roberto s’approche du Comte… 
 
ROBERTO (chapeau noir) 
Lady Mysterious a raison, Monsieur le Comte. Nous devons partir sur le champ. Il en va de la sécurité des membres du Club.  
 
LE COMTE 
De quoi vous mêlez-vous, Roberto ?  
 
 
 
ROBERTO (chapeau noir) 
Je ne voulais pas vous le dire tout à l’heure pour ne pas créer la panique générale, mais le satellite Little Brother est à nos trousses. Il est récemment apparu dans mon rêve.  
 
LE COMTE 
Vous me faites rire, Roberto. 
 
ROBERTO (chapeau noir) 
Il s’agissait d’un avertissement. 
 
LE COMTE 
Vous prenez vos rêves pour des réalités, mon ami !  
 
LADY MYSTERIOUS 
J’ai comme la sensation qu’il nous observe au moment où nous parlons.  
 
Le lieutenant Poponetz se rapproche du Comte… 
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Quelque chose ne va pas, Monsieur le Comte ? 
 
LE COMTE 
Je vous prierai de rester en dehors de cela, Lieutenant Poponetz. 
 
MONSIEUR VLAD 
Un problème, Monsieur le Comte ? 
 
LE COMTE 
Tout la meute s’est rappliquée à cause de vous, Roberto ! Je vous préviens, si vous êtes venus au château pour gâcher mon Noël, autant faire demi-tour !  
 
SYLVESTRE 
Je peux vous venir en aide, Mister Comte ?  
 
LE COMTE 
Tout va bien ! Retournez à votre place, s'il vous plaît !  
 
ROBERTO (chapeau)  
Ne vous donnez pas la peine de vous rassoir, Messieurs Dames, puisque nous allons partir maintenant.  
 
LE COMTE 
Il n’est pas question que je quitte mon château le soir de Noël.  
 
ROBERTO (chapeau)  
Nous n’avons pas le choix, Majesté, si nous tenons à rester libre dans ce monde ! Dis-moi, Fernando, il y a assez d’essence dans le réservoir de ta voiture ? 
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO 
Suffisamment d’essence pour faire 600 kilomètres. Où veux-tu aller exactement ? 
 
ROBERTO (chapeau)  
Je te propose de nous conduire jusqu’à la mer à bord de ta coccinelle.  
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Vous voulez bien m’expliquer ce qui se passe, Roberto ?  
 
ROBERTO (chapeau)  
Je vous expliquerai tout sur le chemin, Lieutenant. (Puis il frappe dans ses mains) En route, compagnons !  
 
Tout le monde quittent les lieux… 
 
FIN DE LA SCENE 8 
 
FIN DE L'ACTE 1 
 
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EPILOGUE 
 
Le nuage de fumée rose se dissipe peu à peu… 
 
Quelques instant plus tard… 
 
La scène se déroule à l’extérieur du château au moment où les membres du Club de la Reine grimpent à bord d’une voiture à fleurs (Coccinelle) parmi les-quels : Roberto (chapeau noir), le Comte de la Bouche-En-Biais, Martisoara (cheveux roux tressés), Monsieur Sylvestre, Patzy, Kiki… 
 
La colombe vole à hauteur de la voiture à fleurs (coccinelle)… 
 
Le Chevalier Alioth (étoile de la Grande Ourse) éclaire la voiture…  
 
MARTISOARA (cheveux roux tressés)  
Et maintenant, on fait quoi ? 
 
ROBERTO (chapeau noir) 
On attend l’arrivée du chauffeur !  
 
SYLVESTRE 
Dona Crina d’Alba n’est pas là non plus ! 
 
Le Chevalier Alioth (étoile de la Grande Ourse) éclaire ensuite l’entrée du châ-teau…  
 
Dona Crina d’Alba (cheveux blonds) alias Madame Maria (cheveux noirs) sort du château, suivie de Fernando Figlio del Vento (sa trompette à la main)… 
 
 
 
LE LIEUTENANT POPONETZ 
Justement, la voilà !  
 
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds) 
Dépêchez-vous, Monsieur Fernando, tout le monde nous attend dans la voiture !  
 
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO 
N’allez pas si vite, Madame Maria, j’ai quelque chose à vous dire ! 
 
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds) 
Qui ça ? 
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO 
J’ai remarqué un truc bizarre chez vous !? 
 
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds) 
Chez moi ? Comment ça ? 
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO 
Comment avez-vous fait pour changer la couleur de vos cheveux en l’espace de quelques secondes ?  
 
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds), alias Madame Maria 
Je ne vois pas où vous voulez en venir, Monsieur Fernando ? 
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO 
Quand on est arrivés au château, vous aviez les cheveux noirs et maintenant vous avez les cheveux blonds. C’est bizarre !? 
 
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds), alias Madame Maria 
Monsieur Fernando doit certainement me confondre avec une autre femme. 
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO 
C’est fou comme vous ressemblez à Madame Maria de face comme de profile ! 
 
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds), alias Madame Maria 
A part vous, personne d’autre ne s’en était aperçu jusqu’à présent !  
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO 
C’est donc vous, je ne rêve pas ! 
 
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds), alias Madame Maria 
Pas du tout ! Moi, je suis l’autre. 
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO 
Quelle autre ? 
 
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds), alias Madame Maria 
Dona Crina d’Alba !  
 
LE COMTE, assis dans la voiture 
Chauffeur !  
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO 
Voilà, voilà !  
 
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds), alias Madame Maria 
Je ne sais pas si Monsieur Fernando est au courant, mais je suis l’épouse de votre neveu.  
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO 
Vous me l’apprenez à l’instant.  
 
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds), alias Madame Maria 
Ravie de vous avoir comme tonton, Fernando Figlio del Vento ! 
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO 
Mais alors, si c’est vous son épouse, pourquoi passe-t-il plus de temps avec l’autre ?  
 
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds), alias Madame Maria 
Il en a une pour se reposer et une autre pour voyager !  
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO 
Mon neveu est un petit cachotier. 
 
LE COMTE, assis dans la voiture 
Ça vient, chauffeur !  
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO 
Une minute !  
 
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds), alias Madame Maria 
Je tiens à ce que cela reste un secret entre nous, Monsieur Fernando.  
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO 
Je vous trouve beaucoup plus belle avec les cheveux noirs. 
 
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds), alias Madame Maria 
Et moi, je vous trouve beaucoup plus virile avec vos cheveux blancs.  
 
FERNANDO FIGLIO DEL VENTO 
Je me préfère avec mes cheveux noirs. 
 
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds), alias Madame Maria 
Et moi, avec mes cheveux blonds. La balle est au centre. Et maintenant, allons-y si vous le voulez bien.  
 
Fernando Figlio del Vento et Dona Crina d’Alba rentrent dans la voiture qui dé-marre aussitôt… 
 
La colombe s’envole à son tour… 
 
Le Chevalier Alioth (étoile de la Grande Ourse) éclaire la voiture qui s’enfuit dans la nuit sur un air de trompette… 
 
PATZY (La petite chatte aux grands yeux verts) 
C’est trop Super !  
 
KIKI (La petite chatte tigrée) 
C’est trop Cool ! 
 
MAGGI (le petit chat noir aux pattes blanches et aux longues oreilles) 
Genialissima !  
 
 
FIN DE L’EPILOGUE 
 
FIN DE L’EPISODE 1  
 
 
 

 

(c) emilien casali - Créé à l'aide de Populus.
Modifié en dernier lieu le 17.01.2026
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