SAGA 6 : SHOWROOM FRENETIQUE - 2/2 - 2026/27
Les Nouvelles Missions de Roberto - SAGA 6
TITRE
« Showroom Frenetic »
EPISODE 2
L’épisode 2 est issu de la série intégrale :
« Les Nouvelles Missions de Roberto »
L’épisode 2 est issu de la série théâtrale 2026/2027 qui a pour titre : « L’ODYSSEE FANTASTIQUE »
L’épisode 2 : « Showroom Frenetic » (Chapitre 2) est une pièce en 1 acte / 1 partie / 1 épisode
GENRE : Comédie surréaliste
Auteur : Emilien Casali
PROLOGUE
La scène ci-dessous se présente en deux parties (séquences 1 et 2)
SÉQUENCE 1
Début janvier...
Nous sommes aux alentours de minuit...
L'action se déroule à Caracas (Venezuela) à hauteur d'un gratte-ciel de 200 m de hauteur avec vue sur l'océan Atlantique...
Un petit chalet studio (avec baie vitrée) est placée sur le toit du gratte-ciel dans lequel se trouve Ringo de la Sierra qui pédale sur un vélo d'appartement...
Soudain, un haut-parleur s'adresse à Ringo de la Sierra...
LE HAUT-PARLEUR
« Ici, la réception ! Tout se passe comme vous le souhaitez, Señor Ringo de la Sierra ? »
RINGO DE LA SIERRA
J'adore ma nouvelle cachette ! Ici, au moins, personne ne pourra me trouver.
LE HAUT-PARLEUR
« Notre équipe fait son maximum pour vous rendre la vie agréable. Si vous désirez quelque chose de spécial, n'hésitez surtout pas à nous le faire savoir, nous ferons le nécessaire pour vous le procurer. »
RINGO DE LA SIERRA
Pour l'instant, ce dont je désire le plus, c'est la présence d'une jolie bimbo à mes côtés. Perché dans le ciel de Caracas, je me sens très seule, aussi ai-je besoin de me confier à quelqu'un.
LE HAUT-PARLEUR
« Étant donné les circonstances actuelles, il nous est impossible d'exaucer votre vœu Señor Ringo de la Sierra. En aucun cas nous devons prendre de risques tant que la situation ne sera pas réglée. Il en va de votre sécurité physique. Je vous rappelle que votre vie est en danger depuis le jour où vous avez choisi de vous séparer de votre dernière conquête. »
RINGO DE LA SIERRA
Je n'avais pas d'autres choix que de m'en débarrasser. A la longue, les dépenses qu'elle faisait à mon insu me coûtaient très cher. À cause d'elle, mon compte en banque s'est retrouvé à découvert.
LE HAUT-PARLEUR
« Comme vous le savez, la Señorita a très mal apprécié cette séparation. Elle l'a pris comme une humiliation. Et depuis ce jour, elle s'est mis en tête de vous retrouver pour se venger. »
RINGO DE LA SIERRA
J'espère en tout cas que ce sera ma dernière planque. J’en ai ras-le-bol d’être trimballé d'un endroit à l'autre.
LE HAUT-PARLEUR
« Bonne nuit, Señor Ringo de la Sierra ! Faîtes de beaux rêves ! »
Ringo de la Sierra continue de pédaler sur son vélo d’appartement…
FIN DE LA SEQUENCE 1
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SEQUENCE 2
Quelques instant plus tard…
Lady Shirley (vêtue d’une longue robe rose et une coiffure blonde) atterrit en parachute sur le toit du gratte-ciel ; celle-ci tient un lasso dans une main…
Lady Shirley se défait rapidement de son parachute et se dirige aussitôt vers le petit chalet studio avec son lasso, puis frappe à la porte vitrée…
LADY SHIRLEY, un lasso à la main
Salut, mon choux !
RINGO DE LA SIERRA
Qui est là ?
LADY SHIRLEY
Je suis ta commande !
RINGO DE LA SIERRA
Vous faites erreur, je n’ai rien commandé du tout.
LADY SHIRLEY
C’est bien toi qui désirait la présence d'une jolie bimbo à tes côtés ?
RINGO DE LA SIERRA
Je ne comprends pas !?… la réception m’a fait savoir que je n’étais pas autorisé à recevoir quelqu’un dans ma chambre.
LADY SHIRLEY
Tu comptes me faire attendre toute la nuit devant ta porte ?
RINGO DE LA SIERRA
C’est que je ne vous attendais pas.
LADY SHIRLEY
Ouvre-moi la porte, Ringo ! Dépêche-toi ou je défonce tout !
RINGO DE LA SIERRA
Je regrette, mais je n’ai pas la permission d’ouvrir la porte.
LADY SHIRLEY
Je t’ai connu beaucoup plus coopérant dans le passée.
RINGO DE LA SIERRA
On se connait ?
LADY SHIRLEY
Il fut un temps où j’étais ta bimbo préférée.
RINGO DE LA SIERRA
Je ne me souviens pas de vous.
LADY SHIRLEY
Tu as la mémoire courte, mon choux.
RINGO DE LA SIERRA
Je vous préviens, si vous ne partez pas, j’appelle la sécurité !
LADY SHIRLEY
Je vais de ce pas te rafraîchir la mémoire.
Lady Shirley casse la baie vitrée avec son poing…
Une sonnette d’alarme retentit…
Lady Shirley lance son lasso en direction de Ringo de la Sierra
Pour le capturer…
Après l’avoir capturé, Lady Shirley l’enlève avec son vélo d’appartement…
Un nuage de fumée rose envahit les lieux…
FIN DE LA SEQUENCE 2
FIN DU PROLOGUE
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ACTE 1 – SCENE 1
Le nuage de fumée rose se dissipe peu à peu…
Un mois plus tard…
Début février... en matinée…
L’action se déroule en mer noir à proximité des côtes du détroit du Bosphore…
La scène se déroule sur le pont de la Salamandre (magnifique goélette à trois mâts) qui navigue lentement sur l’eau…
Le Lieutenant Poponetz est assis sur le pont, celui-ci contemple la mer avec une coupe de Champinelle dans une main…
Dona Crina d’Alba (cheveux blonds) et la Duchesse d’Onești se tiennent côte à côté sur le pont…
Une valise rouge à roulettes repose aux pieds de Dona Crina d’Alba sur laquelle est incrustée une petite fenêtre d’où dépasse la tête de Maggi (le petite chat noir à pattes blanches, taches blanches sur le cou et longues oreilles)
Martisoara qui déguste une coupe de vin se tient à quelques mètres de distance de Dona Crina d’Alba et de la Duchesse d’Onesti …
Roberto (chapeau noir), Patzy (la petite chatte rose et blanc aux grands yeux verts) et Kiki (la petite chatte tigrée) sont installés dans la hune du grand mâts central à plus de 20 mètres de hauteur…
Le ciel est bleu et la mer est calme…
La colombe vole dans le ciel…
ROBERTO (chapeau noir)
Tout là-haut dans le ciel, c’est encore plus splendide, les filles !
PATZY (la petite chatte rose et blanc aux grands yeux verts)
C’est trop super !
Kiki (la petite chatte tigrée)
Trop cool !
Fernando Figlio Del Vento surgit sur le pont de la goélette en jouant un air de musique mélodieux avec sa trompette…
LE LIEUTENANT POPONETZ, lit un poème a haute voix
« Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage,
Et la mer est amère, et l'amour est amer,
L'on s'abîme en l'amour aussi bien qu'en la mer,
Car la mer et l'amour ne sont point sans orage.
Celui qui craint les eaux, qu'il demeure au rivage,
Celui qui craint les maux qu'on souffre pour aimer,
Qu'il ne se laisse pas à l'amour enflammer,
Et tous deux ils seront sans hasard de naufrage.
La mère de l'amour eut la mer pour berceau,
Le feu sort de l'amour, sa mère sort de l'eau,
Mais l'eau contre ce feu ne peut fournir des armes.
Si l'eau pouvait éteindre un brasier amoureux,
Ton amour qui me brûle est si fort douloureux,
Que j'eusse éteint son feu de la mer de mes larmes. »
Pierre de Marbeuf (À Philis)
LA DUCHESSE D’ONEȘTI
La mer est bien calme ce matin.
MARTISOARA (cheveux roux tressées), une coupe de vin dans une main
Pourvu que ça dure, Mesdames !
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds)
Je me demande pourquoi nous avons quittés précipitamment le château l’autre soir !?
LA DUCHESSE D’ONEȘTI
En effet, c’est curieux !?
MARTISOARA (cheveux roux tressées)
Il faut poser la question à Lady Mysterious ou bien à Roberto, Dona Crina d’Alba.
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds)
La première n’a pas su me répondre et le second est resté très évasif à ce sujet.
Monsieur Vlad surgit sur le pont de la goélette avec un plateau dans ses mains sur lequel repose une bouteille de Champinelle et plusieurs coupes de vin…
MONSIEUR VLAD
Ces dames désirent une autre coupe de Champinelle ?
MARTISOARA (cheveux roux tressées)
Non merci.
MONSIEUR VLAD
Madame la Duchesse d’Onesti ?
LA DUCHESSE D’ONEȘTI
Passez votre chemin, mon ami, j’ai assez bu comme ça !
LE LIEUTENANT POPONETZ
Ce n’est pas de refus, Monsieur Vlad.
MONSIEUR VLAD
Immédiatement.
Monsieur Vlad se dirige vers le Lieutenant Poponetz pour lui servir une sert une coupe de Champinelle…
MARTISOARA (cheveux roux tressées)
Allez-y doucement, Lieutenant Poponetz, la journée ne fait que commencer !
LE LIEUTENANT POPONETZ
Maintenant que je ne suis plus dans l’exercice de mes fonctions, je peux jouir pleinement de la vie !
MARTISOARA (cheveux roux tressées)
N’en n’abusez pas trop tout de même !
LE LIEUTENANT POPONETZ
Depuis le temps que vous me connaissez, Martisoara, vous devriez savoir que je bois toujours avec modération.
MONSIEUR VLAD
J’en suis témoin, ma chère.
MARTISOARA (cheveux roux tressées)
Je garde quand même l’œil sur vous, Lieutenant.
LE LIEUTENANT POPONETZ
Bonne matinée, chère amie !
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds)
Ces deux-là nous cache quelque chose d’important, mais quoi ?
LA DUCHESSE D’ONEȘTI
Vous vous posez trop de question, Dona Crina d’Alba. Laissez-vous portez par les flots !
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds)
Je n’aime pas partir à l’inconnu sans connaitre l’objet de ma mission.
MARTISOARA, une coupe de vin dans une main
Il faut mettre cela sur le compte de Little Brother.
DONA CRINA D’ALBA (cheveux blonds)
De qui parlez-vous ?
MARTISOARA, une coupe de vin dans une main
D’après ce que j’en sais, ce n’est pas quelqu’un de très recommandable.
Soudain, Lady Mysterious (chapeau rouge qui lui recouvre une partie du visage et d’une longue robe rouge) sort d’une cabine suivie de Monsieur le Comte de la Bouche-en-Biais (vêtu de son peignoir marron et d’une canne dans une main)…
LE COMTE
Je ne vous autorise pas à prendre mon livre d’or, Madame.
LADY MYSTERIOUS
Je vous l’emprunte pour quelques minutes seulement, le temps de consulter quelques pages.
LE COMTE
Je n’ai pas fini de lire le chapitre qui m’est consacré.
LADY MYSTERIOUS
Ce livre ne vous appartient pas, Monsieur le Comte.
LE COMTE
Rendez-le moi, s’il vous plait !
LADY MYSTERIOUS
Je vous déconseille de lire la fin de l’histoire.
LE COMTE
Et pourquoi cela ?
LADY MYSTERIOUS
Le chapitre en question ne se termine pas bien pour vous.
LE COMTE
Qu’est-ce que vous me chantez-là ?
LADY MYSTERIOUS
En l’écrivant, l’auteur ne vous a pas fait de cadeau. Si vous voulez tout savoir, il dénonce votre incapacité à vous adapter en société.
LE COMTE
Vous me l’apprenez, ma chère.
LADY MYSTERIOUS
Et ce n’est pas tout ! Il en rajoute sur votre comportement exécrable à l’égard de la gente féminine. Il laisse entendre que vous vous comporter comme un idiot. Je vous passe les détails tant le portrait qu’il fait de Votre Majesté n’est pas très reluisant.
LE COMTE
Tout d’abord, comment connaissez-vous cette histoire alors que je suis le seul à avoir consulté le livre d’or ces derniers temps ?
LADY MYSTERIOUS
Sachez que tout le monde a la possibilité de pouvoir le consulter puisqu’il passe de main en main.
LE COMTE
Puis-je connaitre le nom de mon agresseur que je puisse lui répondre à mon tour ?
LADY MYSTERIOUS
Vous réglerez vos comptes avec Robertino le moment venu.
LE COMTE
Robertino, dites-vous ?
LADY MYSTERIOUS
Ce nom vous dit quelque chose ?
LE COMTE
J’ai fait la connaissance de ce petit coquin en août dernier dans la Tour de l'Horloge à Giurgiu où j’y présidais le Prix Nobel de l’Elégance. A l’époque, il se présentait comme mon ange gardien. Vous êtes bien certaine que c’est lui l’auteur du chapitre qui m’est consacré ?
LADY MYSTERIOUS
Le chapitre en question pourrait bien ternir votre image, Monsieur le Comte.
LE COMTE
J’ignore toujours qui vous êtes, Lady Mysterious, mais croyez bien que « Rira bien qui rira le dernier » ! Il n’est pas question que je me laisse insulter de la sorte. Quant à ma vie privée, sachez que celle-ci me regarde. Personne n’est en droit de me juger sur la façon dont je me comporte avec la gente féminine. Et maintenant, ou bien vous me rendez mon livre ou bien je me mets en colère.
LADY MYSTERIOUS
Si j’étais vous, Monsieur le Comte « Christophe Rodolphe Charles Henri René Christian Bernard David Miguel et tutti quanti »…
LE COMTE
Présent ! C’est pourquoi ?
LADY MYSTERIOUS
Si j’étais vous, je méditerai sur la fin du chapitre et j’en profiterai pour modifier ce comportement exécrable qui fait ma mauvaise réputation dans tout le voisinage.
LE COMTE
Pourquoi voulez-vous que je change ? Je suis très bien comme je suis !
LADY MYSTERIOUS
Ce serait l’occasion pour vous de reconquérir le cœur de votre Reine !
LE COMTE
Je vous interdis d’aborder ce sujet, Madame.
LADY MYSTERIOUS
Vous refusez d’admettre vos tords, c’est bien cela ?
LE COMTE
De tout façon, entre elle et moi, c’est fini !
LADY MYSTERIOUS
Vous me l’apprenez.
LE COMTE
Chacun de nous poursuit sa vie de son côtés. Ainsi que je peux retrouver ma vie de garçon. Et croyez bien que je compte en profiter. A moi la Dolce Vita !
LADY MYSTERIOUS
Je me demande ce que Madame penserait si elle vous entendait parler de la sorte ?
LE COMTE
Elle n’en penserait rien puisque c’est elle qui a décidé de couper les ponts avec moi.
LADY MYSTERIOUS
Je ne pense pas que Son Altesse puisse tirer ainsi sa révérence. Ce n’est pas son style de s’en aller sans donner des explications.
LE COMTE
En attendant, je le tiens pour dit ! Et maintenant, je souhaiterais reprendre la lecture de mon livre.
LADY MYSTERIOUS
A mon avis, la première chose que ferait Son Altesse pour vous punir de votre mauvaise foi, c’est de vous confisquer à tout jamais le livre d’or.
Lady Mysterious balance ensuite le livre d’or dans la mer…
LE COMTE
Qu’avez-vous fait ? Vous êtes folle !
LADY MYSTERIOUS
Désormais, vous lutterez tous deux à armes égale !
LE COMTE
S’il s’agit d’une provocation, je vous préviens…
LADY MYSTERIOUS
Il s’agit plutôt d’un défi ! Que le meilleur gagne !
ROBERTO (chapeau noir), fait le guet sur la hune
J’aperçois à l’horizon les côtes de la mer de Marmara, mes amis ! Préparons-nous a le franchir le passage maritime!
SYLVESTRE (sort d’une cabine)
Je prendrai bien une coupe de Champinelle, Messieurs dames !
MONSIEUR VLAD
Avez-vous bien dormi cette nuit, Monsieur Sylvestre ?
Monsieur Vlad lui sert une coupe de Champinelle…
SYLVESTRE
J’ai très mal dormi, mon cher Vlad, tout comme la nuit d’avant et encore la nuit d’avant ! Je ne vous cache pas que j’ai le mal de mer depuis un mois. Vivement que je mette les pieds à terre !
Soudain, Little Brother (Satellite à deux tête) apparait dans le ciel à hauteur de la Salamandre (magnifique goélette a trois mâts)…
LITTLE BROTHER
« Comme on se retrouve, mes chers Compagnons ! »
SYLVESTRE
Ça par exemple ! Ne me dites pas qu’il nous a retrouvé ?
ROBERTO (chapeau noir)
I'm watching you, Little Brother !
LITTLE BROTHER
« Je suis sur vos traces depuis le début, Roberto ! Tu devrais savoir que j’espionne les moindres recoins de cette planète a la recherche de toutes les personnes qui chercheraient à échapper à ma toile d’araignée ! J’attendais simplement le bon moment pour intervenir ! Ne perdons pas de temps si tu le veux bien. En effet, j’ai une petite mission à vous confier à toi et tes Compagnons ! Si vous arrivez à vous en sortir, vous serez libre de poursuivre votre voyage, mais dans le cas contraire, vous retournerez à la case départ. »
ROBERTO (chapeau noir)
Puis-je savoir en quoi consiste cette mission ?
LITTLE BROTHER
« Toi et tes Compagnons avez pour mission de déjouer les plans d’un intru qui, au moment où nous parlons, est sur le point de se rendre à l’Hôtel de la Plage là où vous allez vous installer pendant quelques heures. Vous ne profiterez pour prendre un bain de soleil. C’est apprendre ou à laisser ! Seulement si tu refuses, tu connais ton sort ! »
ROBERTO (chapeau noir)
Tu veux bien me communiquer le plan de l’hôtel ?
LITTLE BROTHER
Ce ne sera pas nécessaire puisque le mur interactif va vous y conduire directement.
Soudain, des yeux de Little Brother jaillit un mur magnétique transparent qui se dresse devant la goélette…
Little Brother s’envole rapidement…
La goélette franchit le mur magnétique transparent qui les fait passer aussitôt de la Mer Noir à l’Océan Atlantique et plus précisément dans le Golfe de Gascogne à proximité de la côte de la Gironde en France…
Un nuage de fumée rose envahit les lieux ensuite…
FIN DE LA SCENE 1
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ACTE 1 – SCENE 2
Le nuage de fumée rose se dissipe peu à peu…
Le lendemain matin…
L’action se déroule au bord d’une plage de l’Océan Atlantique située sur la côte bordelaise dans l’ouest de la France…
La Salamandre (magnifique goélette a trois mats) est ancrée au large de la côte…
La colombe vole dans le ciel azur…
La scène se déroule dans le hall d’entrée de « l’Hôtel de la Plage » qui est hors service durant la période hivernale…
Le plafond du hall d’entrée est vitré (puits de lumière), celui-ci diffuse en permanence de la lumière naturelle…
Monsieur Vlad est placé derrière un petit bar faisant office d’accueil…
Une valise rouge à roulettes sur laquelle est incrustée une petite fenêtre d’où dépasse la tête de Maggi (le petit chat noir aux grandes oreilles et aux pattes blanches) est placée à côté du bar…
Monsieur le Comte de la Bouche-en-Biais (vêtu de son inséparable peignoir marron et une canne dans une main) sort d’une chambre en tenant en laisse Patzy (la petite chatte rose et blanc aux grands yeux verts)…
PATZY
C’est trop super les vacances au bord de la mer !
LE COMTE
Tiens-toi tranquille, Patzy !
MONSIEUR VLAD
Monsieur le Comte a passé une bonne nuit ?
LE COMTE
J’ai dormi comme un ange, Monsieur Vlad ! Le lit de ma chambre est très douil-let contrairement à celui de la cabine du bateau. J’en ai profité pour prendre un bon bain chaud après plus d’un mois de navigation en mer noire. Et me voilà à présent plein de vitalité et d'énergie pour gambader le long du Golfe clair de Gascogne. Vous n’imaginez pas, mon ami, comme je me sens revivre depuis que je séjourne dans cet hôtel.
MONSIEUR VLAD
Je trouve Monsieur le Comte beaucoup plus épanoui qu’auparavant.
LE COMTE
Je suis heureux de vous l’entendre dire, mon garçon. Viva la Dolce Vita !
MONSIEUR VLAD
Pourvu que ça dure !
LE COMTE
Je compte mettre à profit cet enthousiasme pour refaire ma vie.
MONSIEUR VLAD
Monsieur le Comte aurait-il mis la main sur une nouvelle conquête ?
LE COMTE
Pas encore.
MONSIEUR VLAD
Vous n’avez fait aucune touche depuis votre récente séparation ?
LE COMTE
Cela ne saurait tarder.
MONSIEUR VLAD
Je vous sens plutôt confiant.
LE COMTE
D’après les astres du ciel que j’ai consultés hier soir peu avant de me coucher, il est prédit qu’une jolie comète tombera dans mes bras au moment où je m’y attendrais le moins.
MONSIEUR VLAD
Je vous souhaite de tout cœur de trouver la femme idéale.
LE COMTE
En attendant ce grand jour, je vais aller me balader sur la plage pour y renifler l’iode de l’Océan Atlantique. Parait-il que c’est bon pour les poumons ! De ton côté, Patzy, tu iras faire ta crotte de préférence derrière une dune.
PATZY
C’est trop super !
Martisoara (cheveux roux tressées) surgit d’une pièce avec un plateau sur le-quel repose une bouteille de Champinelle et deux coupes de vin…
MARTISOARA
Monsieur le Comte prendra bien une coupe de Champinelle avant d’aller faire ses petits besoins dans la nature.
LE COMTE
Tout à l’heure !
MARTISOARA
Je précise que toutes les chambres de l’hôtel sont dotées d’un toilette.
LE COMTE
Nous reprendrons cette conversation à l’heure de l’apéritif si vous le voulez bien. Allons-y, Patzy ! C’est le moment de prendre un grand bol d’air frais !
PATZY
C’est trop super !
Le Comte sort en compagnie de Patzy qu’il tient toujours au bout d’une laisse…
Martisoara se place à la fenêtre et contemple le ciel…
Quelques secondes plus tard, Lady Shirley (vêtue d’une longue robe rose et une coiffure blonde) entre dans l’hôtel en tirant à l’aide d’un lasso le vélo d’appartement sur lequel est assis Ringo de la Sierra qui pédale dans le vide…
LADY SHIRLEY
Nous sommes arrivés, mon choux ! On va pouvoir reposer nos jambes !
Elle dépose le vélo au fond de la salle…
FINDE LA SCENE 2
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ACTE 1 – SCENE 3
LADY SHIRLEY
Coucou, il y a quelqu’un ?
MONSIEUR VLAD
Si Madame voulait bien s’approcher de l’accueil.
LADY SHIRLEY
Bonjour, l’ami ! Je souhaiterais prendre une chambre au nom de Lady Shirley.
MONSIEUR VLAD
Je présume que Monsieur vous accompagne ?
LADY SHIRLEY
Il s’agit de Ringo de la Sierra que je retiens prisonnier depuis quelques jours en attendant de pouvoir l’enfermer dans un endroit sûr où nous n’entendrons plus jamais parler de lui.
MONSIEUR VLAD
J’ai l’obligation de le déclarer sur mon registre.
LADY SHIRLEY
Je vous l’interdis formellement pour la bonne et simple raison que je mène actuellement une opération pour le compte d’une agence privée laquelle tient tout particulièrement à ce que mon prisonnier circule en toute discrétion jusqu’au terme de notre contrat. En aucun cas le nom de mon prisonnier ne doit apparaitre sur un registre quelconque. Vous m’en voyez navrée, mais je ne puis vous communiquer d’autres détails sur cette opération afin de ne pas faire capoter nos plans.
MONSIEUR VLAD
Dans ce cas, je peux le déclarer sous un faux nom.
LADY SHIRLEY
Si vous tenez pas à rester en bons termes avec mon agence, je vous conseille de déclarer seulement le vélo d’appartement.
MONSIEUR VLAD
Je vais faire comme si je ne n’avais rien vu.
LADY SHIRLEY
C'est bien plus raisonnable comme ça. Mais dites-moi… il me semble vous avoir déjà vu quelque part, mais où ?!
MONSIEUR VLAD
D’après des statistiques scientifiques, nous avons 7 sosies dans le monde sans aucun lien de parenté.
MARTISOARA
Notre nouvelle cliente désire déguster une coupe de Champinelle ? Ce vin rouge est offert par la maison.
LADY SHIRLEY
Je ne m’attendais pas à un si bon accueil.
MARTISOARA
Son arôme est à la fois très fruité et très corsé. Il provient de la propriété du Comte de la Bouche-en-Biais. A boire avec modération !
Martisoara lui sert une coupe de Champinelle…
LADY SHIRLEY
Vous voulez sans doute parler de Christophe Rodolphe David Miguel Charles Henri René Christian Bernard, Comte de Maison-du-Bois Doré, c’est bien cela ?
MARTISOARA
Monsieur le Comte a pour habitude de se faire livrer des bouteilles de sa collection personnelle partout où il se rend afin d’en faire la promotion.
Le Comte entre dans l’hôtel (sa canne à la main) en compagnie de Patzy qu’il tient au bout d’une laisse…
LE COMTE
Je vois que Madame connait tous mes prénoms patronymiques sur le bout des doigts !
MONSIEUR VLAD
Monsieur le Comte est déjà de retour ?
LE COMTE
J’ai choisi de revenir sur mes pas pour prendre l’apéritif en compagnie d’une charmante créature.
MONSIEUR VLAD
Monsieur le Comte a fini par faire une touche ?
LE COMTE
On ne peut rien vous cacher, Monsieur Vlad. Cette fois, je tiens ma revanche !
Martisoara lui sert une coupe de Champinelle…
Patzy en profite pour s’échapper en entrainant la laisse avec elle…
Le Comte se tient à hauteur de l’accueil et Lady Shirley se tient à côté de Martisoara…
LADY SHIRLEY
Ce n’est pas la première fois que je me retrouve en face de vous, Majesté !
LE COMTE
En effet, Lady Shirley, notre première rencontre remonte au mois d’août dernier. J’en ai d’ailleurs conservée un excellent souvenir. Ce jour-là, ce fut comme un déclic lorsque je vous vîtes défiler devant moi. Je tenais enfin au bout de mon hameçon la sirène dont j’avais tant rêvée depuis ma plus tendre enfance.
LADY SHIRLEY
Vous me voyez très honorée, mon cher.
MONSIEUR VLAD
Monsieur le Comte nous avait caché cela !
LE COMTE
Devant son corps de femme, je me sentais comme un géant de papier. Mon trac était tel que je n’osais lui avouer mes penchants fantasmagoriques pour elle. Comment approcher cette sirène sortie tout droit d’un conte de fée hollywoodien ?...
MARTISOARA
A quelle occasion avez-vous rencontre Monsieur le Comte, Lady Shirley ?
LADY SHIRLEY
C’était dans le cadre du Grand Prix de la Galanterie que j’ai d’ailleurs remportée haut-la-main.
MONSIEUR VLAD
Et donc, si j’ai bien compris, Lady Shirley vous avait laissé forte impression ce jour-là !
LE COMTE
La fille aux yeux couleur menthe à l’eau était maquillée comme une star de cinéma. On ne voyait qu’elle sur le podium.
MARTISOARA
Quel rôle tenait Monsieur le Comte à ce moment-là ?
LADY SHIRLEY
Il tenait le rôle de Président du Jury si ma mémoire est bonne.
MONSIEUR VLAD
Lady Shirley laisse entendre que vous étiez le Président du jury.
LE COMTE
J’ai joué mon rôle à la perfection.
MARTISOARA
Avez-vous autre chose à ajouter, Lady Shirley ?
LADY SHIRLEY
Je me souviens que parallèlement à ce concours, Monsieur le Comte était pris dans une histoire de cœur qui a mal tourné par la suite.
LE COMTE
Je préfèrerais ne plus évoquer ce triste événement de ma vie et pouvoir enfin passer à autre chose.
LADY SHIRLEY
Parfois, cela fait du bien de parler de ses problèmes, cela permet de les évacuer.
LE COMTE
Tout cela n’est plus qu’un vague souvenir. Aujourd’hui, je n’ai qu’une seule idée en tête, c’est de mener la Dolce Vita dans ce beau paradis terrestre et si possible au bras d’une Bimba.
LADY SHIRLEY
Je suis acquise à ta cause, beau gosse !
LE COMTE
Oserais-je tenter ma chance ?
LADY SHIRLEY
Il suffit de te pencher et de ramasser les pétales de violettes que le ciel a parsemé sur ta route !
MARTISOARA
Si j’étais vous, Majesté, je saisirais aussitôt la balle au bond !
Martisoara quitte les lieux avec son plateau…
Au même moment, le son mélodieux d’une trompette retentit dans l’hôtel…
LE COMTE
« Mon Paradis est un doux pré de violettes
Où le chant régnera sur des âmes muettes.
Mon Ciel est un beau chant parmi les violettes.
Mon Ciel est la très calme éternité du soir
Où le regard se fait plus profond pour mieux voir
Et c’est l’Éternité dans le ciel d’un beau soir…
Mon Paradis est une éternelle musique.
Qui s’exhale divine allégresse rythmique…
Mon Paradis est le règne de la musique.
Car ce sera, là-haut, le triomphe du chant,
Le règne de la paix dans le Ciel du couchant,
Où rien ne survit plus que l’amour et le chant. »
Renée Vivien - Dans un coin de violettes (1910)
Le Comte s’approche ensuite de Lady Shirley pour lui faire le baise main…
LADY SHIRLEY
Malheureusement, je dois vous quitter, Christophe Rodolphe Charles Henri et « Tutti Quanti » car le devoir de maman m’appelle !
LE COMTE
Vous partez au moment où nous sommes sur le point de sceller notre relation.
LADY SHIRLEY
Je regrette, mais je dois impérativement donner le biberon à mon chouchou avant qu’il se déshydrate complétement.
LE COMTE
Qui ?... que ?... quoi ?... qui c’est celui-là ?
LADY SHIRLEY
Je vais en profiter pour lui changer ses couches.
LE COMTE
C’est tout ce que vous avez à me dire ?
LADY SHIRLEY
Venez me rejoindre sur la plage à la nuit tombée. Bye, bye !
Lady Shirley quitte rapidement les lieux en entrainant le vélo d’appartement sur lequel est assis Ringo de la Sierra qui pédale dans le vide à l’aide du lasso…
LE COMTE
Vous avez vu la même chose que moi, mon ami. Lady Shirley s’est sauvée comme une voleuse avec un autre homme en l’appelant « Mon Chouchou » !
MONSIEUR VLAD
Votre Majesté n’a rien à craindre de Monsieur Ringo, c’est juste un vélo d’appartement qui va finir à la ferraille.
LE COMTE
Soyez plus précis, je vous prie.
MONSIEUR VLAD
Je regrette, mais je suis tenu au secret professionnelle.
LE COMTE
J’ai horreur qu’on me fasse des infidélités. Il va falloir que je surveille Lady Shirley.
Mademoiselle Marguerite surgit dans le hall les bras levés en l’air, suivie de Miss Ursula qui la menace avec un pistolet…
MADEMOISELLE MARGUERITE
Il est plus facile d’ouvrir la bouche que de rester le bras tendu !
MISS URSULA
Ferme-la et avance !
FIN DE LA SCENE 3
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ACTE 1 – SCENE 4
Miss Ursula entraine Mademoiselle Marguerite au centre de la pièce en la menaçant toujours avec son pistolet…
Mademoiselle Marguerite porte des cheveux blonds, une robe rose et des lunettes de soleil sur son visage…
Pendant ce temps, Patzy se porte à hauteur de la valise rouge à roulettes qui repose près du bar…
PATZY
Je sais que tu te caches dans la valise, Maggi !
Maggi (le chat aux pattes blanches et aux grandes oreilles) sort de la valise…
MAGGI
Surtout, ne le dis pas à Roberto, il va me disputer ! Il ne sait pas que je suis là !
PATZY
Tôt ou tard, il finira par s’en apercevoir.
Soudain, Ursula tire un coup de feu en l’air…
Maggi retourne se cacher dans la valise rouge a roulettes et Patzy s’enfuit avec la laisse au cou…
Monsieur le Comte se tient à l’écart et Monsieur Vlad reste immobile à l’accueil…
MISS URSULA
J’attends des explications, Marguerite.
MADEMOISELLE MARGUERITE
En agissant de la sorte, tu fais une grave erreur, Ursula !
MISS URSULA
Tu n’aurais jamais dû pénétrer dans ma chambre sans ma permission. Tu as trahi ma confiance. Jamais je ne te le pardonnerai.
MADEMOISELLE MARGUERITE
Je te signale que la porte était grande ouverte.
MISS URSULA
Alors tu en as profité pour fouiller dans mes affaires personnelles. Faut pas te gêner, ma belle !
MADEMOISELLE MARGUERITE
Ce n’est pas du tout ce que tu crois. J’ai croyais qu’il t’était arrivée quelque chose de grave, alors je suis intervenue pour te secourir, ce que n’importe qui aurait fait à ma place.
MISS URSULA
Tu me prends pour une idiote. Quand je suis sortie de la salle de bain, je t’ai surprise avec mon rasoir électrique dans une main. Tu comptais me le voler, n’est-ce pas ?
MADEMOISELLE MARGUERITE
Je voulais juste te l’emprunter pour une heure ou deux.
MISS URSULA
Utiliser mes objets personnelles sans me demander ma permission, cela s’appelle un vol.
MADEMOISELLE MARGUERITE
Entre bonne copine, on peut se rendre service !
MISS URSULA
Sois je te dénonce à la police, soit je t’exécute sur place. Qu’est-ce que tu préfères ?
MADEMOISELLE MARGUERITE
Plus jamais je ne recommencerais ! Je te le jure !
MISS URSULA
J’ai trouvé la solution. A genou !
Marguerite s’agenouille…
MADEMOISELLE MARGUERITE
Je t’en supplie, laisse-moi la vie sauve !
LE COMTE
Puis-je savoir ce que Madame compte faire avec ce pistolet ?
MISS URSULA
Je compte régler mes comptes avec cette petite peste. Ça vous pose un problème ?
LE COMTE
Dans une société civilisée, il est interdit de se faire justice soi-même.
MISS URSULA
Je ne crois pas vous connaitre, cher Monsieur ?
LE COMTE
Je suis le Comte de la Bouche-en-Biais. Mes hommages, Madame !
Le Comte lui fait le baise main…
MISS URSULA
Ça tombe bien que vous soyez là, Monsieur le Comte, vous allez pouvoir témoigner en ma faveur.
LE COMTE
Je veux bien me prêter à ce petit jeu, mais à condition de connaitre tous les éléments de l’affaire.
MISS URSULA
Cela concerne ma copine qui est entrée par effraction dans ma chambre pour me voler mon rasoir. J’estime qu’elle doit payer pour ça.
LE COMTE
Ne vous fatiguez pas ! j’ai entendu la conversation. Or, ce n’est pas exactement ce qu’elle a dit.
Ursula fond en larme…
MISS URSULA
Vous n’imaginez pas le choc que j’ai reçu lorsque j’ai surpris ma copine en train de me dérober mon rasoir.
LE COMTE
Séchez vos larmes, ce n’est pas si grave ! Et faites-moi le plaisir de poser ce pistolet !
MISS URSULA
J’ai vécu cela comme une trahison de sa part.
LE COMTE
Buvez ce vin, ça va vous remonter le moral !
Le Comte lui tend sa coupe…
MISS URSULA
Non merci. Je ne contrôle plus mes émotions quand je bois de l’alcool. Je pourrais tirer sur tout ce qui bouge !
Ursula repousse la coupe délicatement…
LE COMTE
Mademoiselle Marguerite me fera le plaisir d’accepter cette coupe ?
Le Comte lui tend sa coupe…
MADEMOISELLE MARGUERITE
J’accepte de trinquer avec vous, Monsieur le président, histoire de se rappeler le bon vieux temps.
Marguerite se saisit de la coupe de vin qu’elle porte à ses lèvres…
LE COMTE
Malgré vos lunettes de soleil, je me disais bien que je vous avais déjà vue quelque part.
MADEMOISELLE MARGUERITE
En août dernier, vous avez donné des cours de mannequinat à un groupe de jolies blondes très pulpeuses dont je faisais partie. L’objectif étant de nous faire défiler sur un podium.
LE COMTE
C’était dans le cadre du Prix Nobel de l’Elégance !
MADEMOISELLE MARGUERITE
Grace à vous, j’ai retrouvé pleine confiance en moi. Aujourd’hui, je n’ai plus peur de marcher avec des talons aiguilles sur les grands Boulevards et je n’ai plus peur de me présenter devant des caméras de télévision pour crier tout mon amour à la face du monde.
Miss Ursula tire un coup de feu en l’air…
MISS URSULA
La comédie a assez durée ! J’attends des explications, Marguerite ! Je peux savoir pourquoi tu voulais me voler mon rasoir ?
MADEMOISELLE MARGUERITE
Je te l’ai déjà dit, Ursula, mon intention n’était pas de te le voler, je voulais juste l’emprunter pour m’épiler les jambes et la poitrine.
MISS URSULA
Ah oui ?... et depuis quand tu t’épiles les jambes et la poitrine ?
MADEMOISELLE MARGUERITE
Depuis que je me suis aperçue que ma transition avait échouée.
MISS URSULA
De quoi tu parles ?
MADEMOISELLE MARGUERITE
Lors de notre rencontre sur cette plage abandonnée, je n’ai pas osé te dire que je n’étais ni tout à fait un homme et ni tout à fait une femme, que j’étais un cocktail des deux en attendant de faire mon choix.
MISS URSULA
Tu veux dire que tu m’as trompé avec un homme.
Miss Ursula fond en larme…
MADEMOISELLE MARGUERITE
Je veux juste te dire que l’effet produit par la lotion trans hormonale que le Professeur Huxley m’a injectée dans le corps n’a duré que 15 jours seulement. En-suite, des poils ont commencé à repousser sur plusieurs parties de mon corps.
MISS URSULA
Alors là, c’est le bouquet !
MADEMOISELLE MARGUERITE
Je m’en suis aperçu hier matin.
Miss Ursula la menace à nouveau avec son arme…
MISS URSULA
Assez ! Tu m’as suffisamment menti comme ça ! Avance !
LE COMTE
Je peux savoir où vous comptez conduire cette pauvre femme, Ursula ?
MISS URSULA
Mêlez-vous de vos oignons, Monsieur le Comte ! En route, Marguerite !
Miss Ursula entraine Marguerite dans les chambres…
FIN DE LA SCENE 4
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ACTE 1 – SCENE 5
Soudain, une secousse sismique fait trembler le sol durant quelques secondes…
Le Comte perd l’équilibre et se retrouve à terre…
LE COMTE, se relève ensuite
Que s’est-il passé ?
MONSIEUR VLAD
Ce n’est rien, Monsieur le Comte.
Le Comte se relève…
LE COMTE
Comment cela, ce n’est rien ?... j’ai cru que le sol se soulevait sous mes pieds.
MONSIEUR VLAD
Il s’agit d’une secousse sismique. C’est assez fréquent dans cette région.
LE COMTE
Vous voulez dire qu’il s’agissait d’un tremblement de terre ?
MONSIEUR VLAD
Il s’en produit des dizaines de milliers par année, mais que cela vous rassure, la plupart du temps ils sont de très faibles magnitudes et ne sont pas ressentis par les humains.
LE COMTE
Celui-ci, je l’ai bien ressenti, croyez-moi.
MONSIEUR VLAD
Cette fois-ci, le sol a libéré plus d’énergie que d’habitude suite à la rupture de la plaque tectonique. J’ajoute que les séismes les plus importants modifient la période de rotation de la Terre et donc la durée d’une journée (de l'ordre de la microseconde).
LE COMTE
Mais dites-moi, Vlad, vous semblez en savoir des choses à ce sujet.
MONSIEUR VLAD
J’ai eu l’occasion d’étudier la sismologie à l’école, Monsieur le Comte.
Dona Crina d’Alba (Cheveux blond) surgit dans le hall en poursuivant Kiki (la petite chatte tigrée)
KIKI (la chatte tigrée)
C’est trop cool les vacances à la mer !
DONA CRINA D’ALBA (Cheveux blond)
Retourne dans ta chambre immédiatement, Kiki!
KIKI (la chatte tigrée)
J’aimerais cueillir des coquillages au bord de la mer.
Kiki tourne autour du Comte…
DONA CRINA D’ALBA (Cheveux blond)
Je te préviens, je vais me fâcher si tu continues à me faire tourner en bour-rique !
Kiki se place sous le peignoir du Comte…
LE COMTE
Ce n’est pas la peine de te cacher, petite, je sais que tu es là !
DONA CRINA D’ALBA (Cheveux blond)
Sors de là, Kiki ! N’embête pas, Monsieur le Comte !
KIKI (la chatte tigrée)
C’est trop cool la Dolce Vita !
LE COMTE
Débarrassez-vous d’elle, Dona Crina, elle n’a rien à faire dans mes pattes.
DONA CRINA D’ALBA (Cheveux blond)
Il faut l’excuser, Monsieur le Comte. Kiki ne tient plus en place depuis notre arrivée à l’hôtel. La traversée en mer l’a fortement secouée !
LE COMTE
Moi aussi, j’ai été fortement secoué ce matin. Je ne vais pas me cacher sous les jupes des filles pour autant.
DONA CRINA D’ALBA (Cheveux blond)
Pardon ?
LE COMTE
Non, rien. Je me parlais a moi-même !
DONA CRINA D’ALBA (Cheveux blond)
A propos, vous n’auriez pas vu Roberto ? Il n’était pas dans sa chambre ce ma-tin.
LE COMTE
Je n’en ai aucune idée !? Désolé.
DONA CRINA D’ALBA (Cheveux blond)
Comment se fait-il que sa valise soit dans le hall ?
MONSIEUR VLAD
En arrivant à l’hôtel, Monsieur Roberto a laissé sa valise près de l’accueil en me chargeant de la déposer dans sa chambre. Or, j’étais tellement débordé par mon travail que je n’y ai plus pensé. Vous pourriez vous en charger vous-même.
DONA CRINA D’ALBA (Cheveux blond)
C’est bizarre !? A chaque fois que nous allons quelque part, il disparait sans donner de ses nouvelles, puis réapparait au bout d’un moment sans qu’on sache où il est allé.
LE COMTE
Il est peut-être allé prendre un bain de mer.
DONA CRINA D’ALBA (Cheveux blond)
En février ? Cela m’étonnerait !? La température moyenne de l'eau est de 8 de-grés environ, ce qui n’est pas idéal pour une baignade confortable. Je ne com-prends pas !? A chaque fois, il me fait le coup !
LE COMTE
Que voulez-vous que je vous dise ?
DONA CRINA D’ALBA (Cheveux blond)
Vous devez avoir une idée de l’endroit où il se trouve ?
LE COMTE
Je suis navré, chère amie, mais je ne suis pas chargée de sa surveillance. C’est un grand garçon. Il est libre d’aller où il veut. Et maintenant, j’aimerais dégus-ter ma coupe tranquillement si cela ne vous dérange pas trop.
DONA CRINA D’ALBA (Cheveux blond)
Si vous avez des nouvelles de Roberto, n’hésitez pas à me faire signe !
KIKI
C’est trop cool !
Kiki sort de dessous le peignoir du Comte et s’enfuit dans la chambre, poursui-vie par Dona Crina d’Alba…
Fernando Figlio Del Vento surgit dans le hall en jouant un air de trompette mé-lodieux en mode sourdine…
Robertino entre à son tour dans le hall avec une canne dans une main et une étoile en or qu’il fait rebondir dans l’autre main ; celui-ci porte une longue che-velure frisée noire, une veste verte, un pantalon blanc, une paire de chaussures rouges et un masque arc-en-ciel sur le visage...
ROBERTINO
Tout va dans le meilleur des mondes, Monsieur le Président !
LE COMTE
Je n’en crois pas mes yeux ! Mon ange gardien est de retour !
ROBERTINO
Never can say goodbye !
LE COMTE
Vous ne pouviez pas mieux tomber, Robertino.
ROBERTINO
J’ai comme l’impression que vous m’attendiez.
LE COMTE
Quelle joie de vous revoir, Robertino ! Soyez le bienvenu à l’hôtel de la Plage !
ROBERTINO
Je ne m’attendais pas à un accueil aussi chaleureux de votre part.
LE COMTE
Vous vous attendiez peut-être à ce que je vous tire les oreilles.
ROBERTINO
D’habitude, vous êtes plus coriace avec vos interlocuteurs.
LE COMTE
Je le suis dans un premier temps, mais c’est ensuite que ça se gâte !
ROBERTINO
Je me disais bien que la fête n’allait pas durer longtemps.
Martisoara (cheveux roux tressée) surgit dans le hall avec un plateau sur le-quel repose une coupe de Champinelle…
MARTISOARA
Ces messieurs désirent prendre une coupe de Champinelle ?
Martisoara leur sert une coupe de Champinelle, puis quitte les lieux…
LE COMTE
Vous ne pouviez pas mieux tomber, Robertino. Je vais enfin pouvoir régler mes comptes.
ROBERTINO
Monsieur le président a quelque chose à me reprocher ?
LE COMTE
Je suis persuadé que mon ange gardien a quelque chose à se faire pardonner.
ROBERTINO
Pourquoi cela ?... auprès de qui ?...
LE COMTE
Auprès de votre serviteur !
ROBERTINO
C’est quoi ce délire ? Expliquez-vous !
LE COMTE
C’est bien vous qui avez dit que je me comportais très mal envers la gente fé-minine ?
ROBERTINO
Il ne me viendrait jamais à l’idée de vous juger, Majesté. Je tiens trop à notre amitié. Vous devriez questionner les femmes qui ont partagés votre vie, celles-ci connaissent vos secrets les plus intimes ! L’une d’entre elles aurait ouvert un peu plus sa bouche !
LE COMTE
Ne me prenez pas pour un imbécile ! Vous avez écrit ma biographie sans mon consentement. C’est écrit en noir sur blanc sur les page du livre d’or.
ROBERTINO
Je n’ai rien à voir avec ça ! Il s’agit d’un malentendu.
LE COMTE
Vous persistez à nier vos erreurs.
ROBERTINO
Je vous signale que le livre d’or passe de main en main. A mon avis, c’est
l’un de vos adversaires qui est à l’origine de ces ragots !? Le coupable se trouve sûrement parmi vos Compagnons.
LE COMTE
Vous voulez dire que j’aurais été trahi par mon propre entourage ?
ROBERTINO
C’est une hypothèse parmi d’autres. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que l’un d’entre eux colporte des ragots sur vous dans tout le voisinage.
LE COMTE
Laissez-moi deviner... qui cela peut-il être ?...
ROBERTINO
Vous donnez votre langue au chat ?
LE COMTE
Pas encore. Voyons voir…
ROBERTINO
Quelle est votre réponse ?
LE COMTE
S’il s’agit de Monsieur Sylvestre, ce dernier ne perd rien pour attendre.
ROBERTINO
Vous avez besoin de mon aide ?
LE COMTE
J’en fais une affaire personnelle. Vous pouvez disposer.
Robertino se déplace jusqu’à l’accueil avec sa coupe à la main…
Fernando Figlio Del Vento sort de l’hôtel dans le hall en jouant un air de trom-pette mélodieux en mode sourdine…
Kiki (la petite chatte tigrée) surgit dans le hall et s’approche de la valise rouge d’où dépasse la tête de Maggi…
KIKI
Je sais que tu es dans la valise, Maggi ! C’est Patzy qui me l’a dit ! Sors de la, s’il te plait !
MAGGI
Tu me promets de n’en parler à personne.
KIKI
A qui veux-tu que je le dise ? C’est entre toi et moi et Patzy !
Dona Crina d’Alba (Cheveux blond) surgit dans le hall en poursuivant
DONA CRINA D’ALBA
Que fais-tu ici, Maggi ? Tu ne devais pas rester chez toi ?
MAGGI
J’ai décidé de partir en vacances avec Roberto.
KIKI
C’est trop cool !
Dona Crina d’Alba se saisit de la valise…
DONA CRINA D’ALBA
Vous allez me suivre dans ma chambre tous les deux ! Je crois que vous avez des explications à me donner.
Donna Crina D’Alba rentre dans la chambre avec la valise rouge à la main, suivie de Maggi et Kiki…
FIN DE LA SCENE 5
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ACTE 1 – SCENE 6
Le lieutenant Poponetz surgit dans le hall avec une coupe de Champinelle a la main…
Le Comte de la Bouche-en-Biais déguste sa coupe tout en réfléchissant…
LE LIEUTENANT POPONETZ
Votre Champinelle est toujours aussi fameux, Monsieur le Comte !
LE COMTE
Hein ?... que ?... quoi donc ?...
LE LIEUTENANT POPONETZ
A quoi pensez-vous, Monsieur le Comte ?
LE COMTE
A ma vie futur, à mes amours, à mes amis…
LE LIEUTENANT POPONETZ
Et à vos emmerdes aussi !
LE COMTE
Pour ça, il n’y a pas besoin d’aller les chercher, il arrivent sans qu’on les réclament. En attendant, Viva la Dolce Vita !
LE LIEUTENANT POPONETZ
Je crains qu’ils n’arrivent plus tôt que prévus.
LE COMTE
Qu’est-ce qui vous fait dire cela, Lieutenant Poponetz ?
LE LIEUTENANT POPONETZ
Votre Majesté n’a rien remarqué de suspect depuis notre arrivée à l’hôtel ?
LE COMTE
Tout se passe très bien. Pourquoi cette question ?
LE LIEUTENANT POPONETEZ
A mon réveil, j’ai trouvé une balle à côté de mon lit.
LE COMTE
Un dingo s’est introduit dans votre chambre pour vous tuer, mais fort heureusement celui-ci a raté sa cible !
LE LIEUTENANT POPONETEZ
Ce n’est pas moi qui était visé, mais une autre personne.
LE COMTE
Qu’est-ce qui vous fait dire cela ?
LE LIEUTENANT POPONETEZ
En analysant le sol avec ma loupe, je me suis aperçu que la balle avait transpercé le plancher. Autrement dit, le coup est parti de la chambre du dessous.
Martisoara (cheveux roux tressée) surgit dans le hall avec un plateau sur lequel repose une coupe de Champinelle…
MARTISOARA
C’est ma tournée, messieurs !
Martisoara leur sert une coupe de Champinelle…
LE COMTE
Poursuivez, Lieutenant.
Martisoara quitte les lieux…
LE LIEUTENANT POPONETEZ
Apres quoi, je fis ma propre enquête et c’est ainsi que j’appris que la chambre du dessous était occupée par deux copines qui se sont chamaillées toute la nuit. C’est leur voisin de palier qui me l’a dit.
LE COMTE
Et moi qui pensais qu’en dehors des membres du Club de la Reine, personne d’autre ne logeait dans cet hôtel qui ferme ses portes en hiver, mais force est de constater que nous ne sommes pas les seuls squatteurs. Au cas où vous l’auriez oublié, Lieutenant Poponetz, je vous rappelle que nous avons squattés l’hôtel immédiatement après être descendus de la goélette et que c’est Roberto qui s’est chargé de défoncer la porte d’entrée pour l’ouvrir.
LE LIEUTENANT POPONETEZ
J’ai demandé au voisin de palier de surveiller les deux copines en question et de m’informer si quelque chose de grave venait à arriver. De mon côté, je vais poursuivre mes investigations. ce temps
LE COMTE
Je croyais que vous n’occupiez plus vos fonctions dans la police, Lieutenant.
LE LIEUTENANT POPONETEZ
Bien que je sois en vacances pour une période indéterminée, rien ne m’empêche de reprendre de temps à autre mon activité professionnelle, d’autant plus lorsque je suis une victime collatérale dans un acte criminelle. Revenons à ce voisin auquel je fais allusion depuis tout à l’heure. Figurez-vous qu’il fait partie du même club que nous.
LE COMTE
Je vous fiche mon billet qu’il s’agit de Roberto ?
LE LIEUTENANT POPONETEZ
Mauvaise pioche, mon Seigneur !
LE COMTE
Je ne vois personne d’autre que lui.
LE LIEUTENANT POPONETEZ
Si je vous dis que c’est le facteur qui est au première loge, me croyez-vous ?
LE COMTE
Je vois que le coquin est mêlé dans plusieurs affaires en même temps. Si je l’attrape, je lui coupe la langue !
LE LIEUTENANT POPONETEZ
Vous ne le portez dans votre cœur.
LE COMTE
Il ferait mieux de tourner sa langue sept fois dans sa bouche au lieu de dire autant de sottises, d’autant plus lorsque cela me touche de près.
LE LIEUTENANT POPONETEZ
Il vous a fait du mal au point de rager contre lui.
LE COMTE
Il m’a fait passer pour un être exécrable auprès de la gente féminine. Je ne suis pas prêt de lui pardonner ce faux pas. Il a insulté mon image de marque !
La Duchesse d’Onesti surgit dans le hall d’entrée…
LA DUCHESSE D’ONESTI
Je souhaiterais vous parler, Monsieur le Comte ?
LE COMTE
Madame la Duchesse ne voit pas que je suis occupé ?
LA DUCHESSE D’ONESTI
Vous n’êtes pas obligé de me crier dessus, Monsieur le Comte. Je veux juste m’entretenir quelques secondes avec vous ?
Le Lieutenant Poponetz sort…
LE COMTE
Oui, mais alors vite fait ! Qu’est-ce que vous voulez ?
LA DUCHESSE D’ONESTI
C’est au sujet de Lady Shirley.
LE COMTE
Je vous écoute.
LA DUCHESSE D’ONESTI
Elle s’est permise d’entrer dans ma chambre pour me voler une paire de bas.
LE COMTE
Vous devez la confondre avec Mademoiselle Marguerite qui est beaucoup plus enclin à se servir des affaires des autres.
LA DUCHESSE D’ONESTI
Je vous assure que c’est Lady Shirley. Je l’ai prise en flagrant délit cette nuit.
LE COMTE
Qu’est-ce que vous voulez que j’y fasse ? Apres tout, c’est votre problème !
LA DUCHESSE D’ONESTI
Des bruits courent comme quoi entre elle et vous le courant passe bien. Vous pourriez peut-être lui toucher un mot. Ce sont les seuls bas que je porte sur moi.
LE COMTE
Je la connais très bien. Ce n’est pas son style.
LA DUCHESSE D’ONESTI
Son voisin de palier est formelle. Il s’agit bien de Lady Shirley.
LE COMTE
Je peux savoir qui vous a dit ça ?
LA DUCHESSE D’ONESTI
Je ne peux pas vous divulguer son nom. Je préfèrerais que ce soit vous qui le découvriez.
LE COMTE
Dans ce cas, nous n’avons plus rien à nous dire. Au revoir !
LA DUCHESSE D’ONESTI
Je compte sur vous pour récupérer mes bas.
LE COMTE
A une condition seulement.
LA DUCHESSE D’ONESTI
Je crois deviner ce que vous allez me demander.
LE COMTE
Son nom, je vous prie.
LA DUCHESSE D’ONESTI
Si je vous dis qu’il fait partie de notre Club, que me répondez-vous ?
LE COMTE
Je vous réponds qu’il s’agit d’un facteur !
LA DUCHESSE D’ONESTI
Monsieur le Comte est plus rapide que l’éclair !
LE COMTE
J’ai hâte de lui tirer les oreilles !
LA DUCHESSE D’ONESTI
Quant à la suite à donner, je m’en lave les mains ! Au revoir, Majesté ! Et surtout, n’oubliez pas votre promesse !
Soudain, une secousse sismique plus violente que la première fait trembler le sol durant quelques secondes…
Le roulis paramétrique du sol de l’hôtel bascule de gauche à droite…
Monsieur Vlad s’accroche au bar de l’accueil…
Le Comte perd l’équilibre et se retrouve à terre…
Lady Mysterious surgit dans le hall, et malgré le fait que le sol bascule, celle-ci s’approche du Comte sans en être atteinte…
LADY MYSTERIOUS
Puis-je vous parler, Christophe Rodolphe Charles Henri et « Tutti quanti » !
LE COMTE
Désolé, ma chère, mais je suis pris dans la tourmente !
LADY MYSTERIOUS
Qu’est-ce qui ne va pas encore ?
LE COMTE
Vous ne voyez pas que mon corps bascule de tout côté !
LADY MYSTERIOUS
Vous avez des problèmes d’hémorroïdes ?
LE COMTE
Vous ne sentez rien sous vos pieds ?
LADY MYSTERIOUS
Non. Pourquoi ?
LE COMTE
Vous portez des chaussures en plomb ou quoi ?
LADY MYSTERIOUS
Je ne resterai pas longtemps, j’ai juste deux ou trois choses à vous dire. Cela concerne Lady Shirley. Vous voyez de qui je veux parler, n’est-ce pas ?
LE COMTE
C’est une femme en tout point respectable ! Que lui voulez-vous ?
LADY MYSTERIOUS
J’aimerais qu’elle cesse de venir frapper a ma porte toutes les cinq minutes pour m’emprunter du maquillage.
La secousse sismique s’arrête soudainement et tout redevient calme…
Le Comte se relève…
LE COMTE
Vous ne pourriez pas lui dire vous-même ?
LADY MYSTERIOUS
A chaque fois que je lui fait comprendre qu’elle me dérange, celle-ci se montre agressive. Cette femme n’est pas très commode.
LE COMTE
Eh bien, ne comptez pas sur moi pour faire l’entremetteur ! Débrouillez-vous avec elle !
LADY MYSTERIOUS
Monsieur Sylvestre m’a laissé entendre que vous la connaissez de longue bien.
Je suis sûre qu’elle vous écoutera.
LE COMTE
Ce facteur commence à me fatiguer ! Il ferait mieux de se mêler de ses oignons.
LADY MYSTERIOUS
J’ai tout lieu de croire que Monsieur Sylvestre vient de toucher une corde sensible et que cela ne vous plait guère.
LE COMTE, frappe sur le sol avec sa canne
Que l’on m’apporte une coupe de Champinelle !
Martisoara (cheveux roux tressée) surgit dans le hall avec un plateau sur lequel repose une coupe de Champinelle…
MARTISOARA
Voilà pour vous, Majesté !
LE COMTE
Vous avez des nouvelles de Sylvestre ?
MARTISOARA
Monsieur fait sa grâce matinée.
LE COMTE
Qu’il en profite car cela ne va pas durer ! Vous pouvez disposer.
Martisoara sort…
LADY MYSTERIOUS
Vous me cachez quelque chose, j’en suis sûre !
LE COMTE
Ma vie privée me regarde, Lady Mysterious. Je n’ai aucun compte à vous rendre.
LADY MYSTERIOUS
Ne me prenez pas pour une idiote. J’ai bien compris votre manège. Vous l’avez dans la peau, n’est pas ?
LE COMTE
Je la trouve très tendre avec moi. Ce n’est pas comme certaine.
LADY MYSTERIOUS
Au début, elles sont toutes dociles, c’est après que ça se gâte !
LE COMTE
Je me demande ce que vous avez tous en ce moment ? Vous passez votre temps a vous plaindre des autres.
LADY MYSTERIOUS
Adieu, Monsieur. Mes amitiés à Madame !
Lady Mysterious quitte les lieux…
MONSIEUR VLAD
Un phénomène étrange vient de se produire, Majesté !?
LE COMTE
Vous ne comptez pas vous y mettre, vous aussi. J’en ai suffisamment bavé comme ça pour ce matin.
MONSIEUR VLAD
C’est que notre hôtel flotte sur l’eau !
LE COMTE
Ce n’est rien, Monsieur Vlad, c’est seulement dans votre tête ! A votre sante et « Viva la Dolce Vita » !
Le terrain sur lequel repose l’hôtel de la Plage s’est détaché et flotte à présent sur l’eau comme une ile flottante qui s’écarte de la côte…
Le son mélodieux de la trompette de Fernando raisonne…
La colombe vole dans le ciel…
FIN DE LA SCENE 6
FIN DE L’ACTE 1
FIN DE L’EPISODE 2